<?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1" ?>
<feed xmlns="http://purl.org/atom/ns#" version="0.3"
	  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	  xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	  xml:lang="fr">

  <title>Le blog de Laurence, mamie conteuse</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php"/>
  <tagline type="text/plain" mode="escaped">Poèmes, contes et histoires pour les petits</tagline>
  
  <modified>2008-07-14T16:02:17+00:00</modified>
  <generator version="1.2" url="http://www.dotclear.net/">DotClear</generator>
  
  <sy:updatePeriod>daily</sy:updatePeriod>
  <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
  <sy:updateBase>2008-07-14T16:02:17+00:00</sy:updateBase>
  
<entry xml:lang="fr">
  <title>Connaissez-vous ces drôles d'animaux?</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/07/14/61-connaissez-vous-ces-droles-danimaux" />
  <issued>2008-07-14T16:02:17+00:00</issued>
  <modified>2008-07-14T16:02:17+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/07/14/61-connaissez-vous-ces-droles-danimaux</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Virelangues et jeux de mots</dc:subject>
  <summary>- un loup-phoque.
- une pie-panthère.
- un lion sot.
- un renard d'eau.
- un chat pitre.
- une pie rogue.
- un rat-daim.
- des canes-thons.





                   Réponses
 ha! ha!...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;

- un loup-phoque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- une pie-panthère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un lion sot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un renard d'eau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un chat pitre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- une pie rogue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un rat-daim.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- des canes-thons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
                   Réponses&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; ha! ha! ha! c'était:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un loufoque (personne un peu folle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- une pipe en terre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un lionceau ( petit du lion)&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;- un renardeau (petit du renard).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un chapitre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- une pirogue ( bateau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- un radin (personne avare).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;- des canetons (petits canards).</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le Maneki-Neko</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/04/03/60-le-maneki-neko" />
  <issued>2008-04-03T15:48:01+00:00</issued>
  <modified>2008-04-03T15:48:01+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/04/03/60-le-maneki-neko</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !</dc:subject>
  <summary>Peut-être n'allez-vous pas me croire...je n'en serais pas étonné! Tel que vous me voyez-là: superbe, allongé, haut sur pattes, le poil brillant, les yeux d'or pleins de rêve, élégant, racé, le...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Peut-être n'allez-vous pas me croire...je n'en serais pas étonné! Tel que vous me voyez-là: superbe, allongé, haut sur pattes, le poil brillant, les yeux d'or pleins de rêve, élégant, racé, le plus beau des chats - c'est mon ami qui le dit - tel que vous me voyez, donc, j'ai été chat des rues. J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai connu toutes sortes de dangers.&lt;br /&gt; Je suis né sur un sac pas très propre, mais c'était mieux que le béton, dans la cave d'un magasin qui venait de fermer. Par chance, il manquait un carreau à la fenêtre. Mes deux frères et moi, nous avons donc eu un bon abri pour nos premiers jours de vie. Quand nous avons commencé à courir partout, Maman nous a pris chacun à notre tour par la peau du cou et transportés dans la rue. Entre le trottoir et l'arrière des magasins, il y avait des arbustes bien touffus où nous cacher. Nous avons commencé à découvrir le monde. Il était clair et beau. Les commerçants d'à côté nous ont repérés; c'étaient de bonnes âmes; ils nous ont installé un carton où Maman se couchait pour nous allaiter et où nous pouvions rester tranquilles quand elle s'en allait chercher sa nourriture. Des gens passaient sans nous voir. Mais un jour une dame s'est arrêtée et a regardé longuement sous les arbustes. Elle est partie, puis elle est revenue peu après avec de la nourriture qu'elle a posée à côté du carton. Quelle fête quand Maman a découvert le cadeau! Elle n'en a pas laissé une miette! Et tous les jours, vers la même heure, la dame revenait nous apporter de la pâtée. Elle restait un moment à nous parler doucement, gentiment. Maman a pris l'habitude de l'attendre. Aucun de nous ne s'enfuyait plus à son approche. Grâce à elle, nous étions presque heureux pour des chats errants.&lt;br /&gt;Mais voilà! Il y a eu le chien!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Un chien que son maître ne tenait pas en laisse! Tout à coup, sa grosse truffe renifleuse est apparue au-dessus de nous. Maman s'est dressée, toute hérissée. Elle a craché et lui a allongé un coup de griffes. Le chien a couiné, mais le museau revenait, alors Maman a sauté sur le trottoir et a couru, le chien à ses trousses, elle a couru et ouf! elle a réussi à disparaître dans la cave. L'instant d'après, le chien parti avec son maître, elle est ressortie, elle nous a cherchés, elle nous a comptés, elle nous a léchés, elle avait eu très peur!&lt;br /&gt;Passer dans notre rue,le chien fouineur, il en a fait son habitude. Quand elle le voyait arriver, Maman se glissait sur le trottoir pour qu'il la poursuive et ne s'en prenne pas à nous. Elle lui échappait comme elle pouvait. Mais l'endroit n'était plus sûr, nous avons déménagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Maman connaissait bien le quartier. Elle nous a trouvé un petit terrain tranquille, à l'abri des chiens. C'était dans l'enceinte d'une école, derrière la maison du gardien et la cantine. Il y avait là une allée gravillonnée, une pelouse assez étroite avec  des arbrisseaux et des massifs de fleurs, et bordée sur toute une longueur par un parking souterrain, dont le mur, à mi-hauteur, se continuait par une grille. On pouvait facilement s'y réfugier. Nous l'avons visité aussitôt, mais nous nous sommes enfuis très vite, car les gens venaient chercher leur voiture pour aller au travail, ça faisait beaucoup de bruit, nous avions peur.. Nous sommes restés longtemps blottis dans un massif. Quand nous nous sommes décidés à visiter notre nouveau domaine, prudemment, vous pouvez me croire!nous avons eu une délicieuse surprise: sous un petit arbre aux branches basses, nous a
vons découvert une assiette pleine de nourriture. A quatre, nous l'avons vidée en un éclair!&lt;br /&gt;Le soir venu, nous avons vu que le parking avait un autre locataire, un matou à l'air pacifique. Nous nous sommes installés loin de lui pour ne pas le gêner. L'assiette sur la pelouse, c'était pour lui qu'elle avait été mise. Le jour suivant, il y est passé avant nous et n'a presque rien laissé. Nous, les petits, nous n'étions pas à plaindre, nous avions le lait de notre maman. mais elle, la pauvre, ce jour-là elle a fait carême. Les chats errants font carême plus souvent qu'à leur tour!&lt;br /&gt;Par je ne sais quel miracle, très vite, une deuxième assiette est arrivée. Il y a bien eu, par- ci, par- là, des jours où elle restait vide. Ce n'était pas trop grave car nous avions trouvé les poubelles et l'avantage était que ces jours-là, nous pouvions fureter partout, il n'y avait personne dans la cour. Maman s'absentait de plus en plus longtemps. Nous, nous partions à la découverte des environs.
Le soir, fidèlement, quand les voitures étaient rentrées, nous nous retrouvions dans le parking. je pensais bien rester là, tranquille, jusqu'à devenir un chat adulte, mais c'était trop beau pour durer! Un couple de corneilles s'est mis à fréquenter notre petit jardin, et plusieurs fois, Maman a dû les chasser de notre assiette. Un jour où je me promenais, seul, sur la pelouse qui longeait l'école, une des corneilles est venue se poser devant moi. L'instant d'après, l'autre était là. Elles me fixaient, toutes les deux, je n'osais plus faire un pas en avant. J'avais beau me hérisser et cracher, ça ne les impressionnait pas. Elles attendaient le moment de se jeter sur moi. C'est alors que quelqu'un, sur le trottoir a tapé dans ses mains en criant:&lt;br /&gt;- Ho! les corneilles! Allez-vous laisser ce chat!&lt;br /&gt;Elles ont fait, chacune, un petit vol de côté, alors j'ai foncé et j'ai couru, j'ai couru, j'ai couru! je me suis faufilé sous un portillon, je l'avais vu de loin, il m'a à peine ralenti. J'ai couru, j'ai couru, J'ai failli passer sous les roues d'un cyclomoteur, j'ai couru, couru, couru, j'étais mort de peur. J'ai sauté par-dessus un ballon qui roulait vers moi. J'arrivais dans un espace vert avec un énorme buisson d'arbustes. J'ai filé droit sur lui, des branches m'ont fouetté, j'ai poussé jusqu'au milieu du buisson, et là, je me suis écroulé, mon coeur allait lâcher!&lt;br /&gt; Je suis longtemps resté affalé dans ma forteresse végétale. je n'entendais pas de croassements, peut-être les corneilles ne m'avaient-elles pas suivi jusque là.  Peu à peu, j'ai retrouvé mon calme. je me suis demandé si j'allais essayer de retourner à notre parking, mais rien que de penser aux corneilles, je me sentais mal. J'ai décidé que je coucherais là. Plus tard, le soir, je suis sorti avec précaution pour examiner les lieux. C'était une grande pelouse, traversée par une allée de marronniers et une piste cyclable, avec, plus bas, un autre gros buisson. De chaque côté, il y avait des maisonnettes avec des jardins. Je suis parti à la recherche des poubelles. Je n'ai pas mangé grand'chose, ce soir-là, mais j'étais vivant!&lt;br /&gt;Le lendemain, j'ai abandonné définitivement l'idée de rejoindre ma famille. J'étais presque sevré, je pouvais vivre seul. J'ai adopté le buisson.&lt;br /&gt;Ca n'a pas été la meilleure époque de ma vie. La nourriture était rare et, quand il pleuvait trop, il me fallait chercher un autre abri  Je devais aussi choisir mes moments pour sortir, à cause des chiens que leurs maîtres lâchaient et qui couraient partout. J'y ai vécu tant bien que mal ma vie difficile de chat sans logis. J'ai souvent couru, j'ai souvent jeûné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Et puis, un jour, quelqu'un s'est intéressé à moi. Il est venu tourner autour du buisson en me parlant doucement. Bien sûr, je ne suis pas sorti! Mais il est revenu et bientôt il m'a apporté de la nourriture et de l'eau. Il poussait les barquettes le plus loin possible dans le buisson, pour que les chiens ne les trouvent pas. Je me suis habitué à lui. Il venait tous les soirs. J'étais pressé de le voir arriver. Il est devenu mon ami. Un jour, j'ai accepté une caresse, puis, je me suis frotté à ses jambes. Il a fini par me dire:&lt;br /&gt;- L'hiver va arriver, Chaton! Tu ne vas quand même pas le passer dans ton buisson!&lt;br /&gt; Et un soir, il est venu avec un panier à chat qu'il a posé par terre. Dedans, ça sentait bon le bifteck haché. J'y suis entré, il a fermé la porte et c'est comme ça que mon ami m'a emmené chez lui.&lt;br /&gt;Oh! je n'étais pas très fier, les premiers jours! Je me méfiais; mais mon ami était si gentil! il me caressait et me donnait de si bonnes choses! Quel bonheur! J'avais toujours l'estomac plein!&lt;br /&gt; Il m'a appelé Chamboule. Il faut dire que lorsque je passais sur les meubles - ou dedans,car je faisais intimement connaissance avec l'endroit - beaucoup de choses tombaient! Ce n'était pas de ma faute! je crois qu'elles avaient peur de moi! Maintenant, elles commencent à s'habituer!&lt;br /&gt;Nous avons été heureux, mon ami et moi. Et puis , soudain, de mauvais jours nous sont tombés dessus sans crier gare! Il allait perdre son travail. Il l'a perdu. Il était triste et préoccupé. Oh! il ne me laissait manquer de rien, mais il ne me faisait plus aussi souvent jouer avec mon lacet, et même quand il me caressait, je sentais bien qu'il avait l'esprit ailleurs. Il m'avait dit:&lt;br /&gt;- Mon pauvre Chamboule, qu'allons-nous devenir? J'ai bien peur qu'avant longtemps nous ne soyons à la rue, toi et moi!&lt;br /&gt;Une visite lui a rendu son sourire. Au moins pour un moment. Il avait pris un billet de tombola à des gens qui aident les animaux en détresse, il avait gagné et une dame lui apportait son lot. C'était un maneki-neko.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Un maneki-neko? Mon ami n'avait jamais entendu parler de ça! On n'est pas obligé de tout savoir! C'était un porte-bonheur japonais. Une jolie statuette en porcelaine, représentant un chat assis, qui lève une patte à la hauteur de son oreille. Il paraît que les Japonais les mettent dans leurs magasins et leurs maisons pour attirer la fortune. Mon ami a dit que c'était bien la chose dont il avait le plus besoin en ce moment et il l'a posé sur le plus haut rayon de l'étagère à livres. Puis, il s'est tourné vers moi:&lt;br /&gt;- Et je compte sur toi, Chamboule, pour ne pas me le casser!&lt;br /&gt;Evidemment, que je n'allais pas le casser! J'étais bien trop soulagé de nous voir tirés d'affaire! Je pensais que le lendemain, mon ami allait rentrer tout content, avec des billets plein les poches!&lt;br /&gt;Eh! bien, pas du tout! Il était toujours aussi soucieux. Et les jours qui ont suivi, c'était pareil. Nous avions beau attendre, la fortune n'arrivait pas!&lt;br /&gt;Il commençait à m'agacer, le machin- chose, en haut de son étagère! Il s'était mis en grève, ou quoi? Il ne se plaisait pas chez nous? Il m'avait tout l'air d'un bon à rien! J'ai patienté, j'ai patienté, mais il est arrivé un moment où je ne pouvais plus y tenir. J'y suis allé, sur le rayon du haut. Je l'ai reniflé, il était tout froid et il ne sentait même pas le chat. Je lui ai dit que ça ne pouvait plus durer comme ça! Que c'était bien beau de rester la patte en l'air comme un gros nigaud, mais qu'il devait se décider à faire son travail, sinon, il aurait affaire à moi!&lt;br /&gt;Voilà! Il était prévenu! J'ai sauté de l'étagère. Que s'est-il passé, je ne sais pas, toujours est-il qu'il a sauté avec moi et crac! je l'ai vu là, par terre, en trois morceaux! Catastrophe! Désastre! Cassé, le maneki-neko! C'était la fin du monde! je me suis fourré sous le divan et j'ai dormi!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Le bruit de la clé m'a réveillé, mais je suis resté dans ma cachette.Mon ami s'étonnait de ne pas me voir. Il m'a appelé plusieurs fois : &quot; Chamboule! Chamboule! Chamboule!&quot; Puis sa voix est devenue inquiète: &quot; Chamboule! Où es-tu? Tu n'es pas malade?&quot;. Enfin, il a vu et je l'ai entendu rire:&lt;br /&gt;- Ah! c'est ça! Tu as encore fait un exploit! Espèce de maladroit! Allez, montre-toi, va, ce n'est pas grave!&lt;br /&gt;Mon ami a la bonté dans le coeur. Il a ramassé les morceaux et les a mis dans un tiroir. J'ai fini par sortir. Après m'avoir caressé, en me disant des mots gentils, comme d'habitude, il m'a servi mon dîner, comme d'habitude. Mais je n'ai pas pu le finir.&lt;br /&gt;Dès mon arrivée, mon ami avait installé mon panier, avec un coussin par-dessus, devant la porte du balcon. Comme nous sommes au premier étage, ça me fait un bon poste d'observation, d'où j'aime à regarder la rue. J'ai pris une grande décision: celle de m'y installer pour faire moi- même, lorsque je serais seul, le maneki-neko. Comme ça, si la fortune venait à passer, elle me verrait sûrement, pour peu qu'elle lève un peu les yeux, et saurait que nous l'attendions. Je me suis assis sur le coussin et j'ai levé la patte droite. C'était dur, je devais souvent m'arrêter pour me reposer, mais j'ai tenu bon. J'ai tenu bon plusieurs jours, peut-être une semaine.Et moi, je ne l'ai pas remarquée, la fortune, mais elle, elle a de bons yeux et elle m'a vu!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Je l'ai su, ce soir-là, rien qu'à la façon dont mon ami a ouvert la porte. Ensuite il est entré rayonnant, il m'a pris dans ses bras et m'a fait tourner en disant:&lt;br /&gt;- Chamboule! ça y- est, Chamboule, la chance est avec nous!&lt;br /&gt;Il avait retrouvé du travail. Enfin, presque! C'était une histoire incroyable:&lt;br /&gt;Il traversait le vieux parc quand il avait entendu des cris de femme, et un homme cagoulé s'était presque jeté dans ses jambes, emportant un sac à main. Mon ami lui avait sauté dessus, le lui avait fait lâcher et l'avait redonné à la dame. Il voulait appeler les pompiers, mais elle n'avait pas été molestée, elle était simplement tremblante et choquée. Elle lui avait demandé d'appeler plutôt son fils et de l'accompagner pour prendre un thé au bar d'en face en l'attendant. Le fils arrivé, mon ami s'était levé pour partir, mais la dame avait voulu qu'ils prennent ensemble un autre thé. Ils avaient fait connaissance. Le fils tenait une grande librairie dans une ville voisine et il avait besoin d'un nouveau vendeur. Mon ami semblait avoir le profil qui convient, ils avaient rendez-vous le lendemain.&lt;br /&gt;- Tu vois, disait mon ami, c'est vraiment un coup de veine! Même en morceaux, il fonctionne, le maneki-neko!&lt;br /&gt;Pauvre de moi! Il croyait que c'était l'autre qui avait tout fait! Je le regardais, j'avais le coeur navré, je m'étais donné tellement de mal! Je le regardais, et brusquement j'en ai pris mon parti. Tant pis, s'il ne se doutait de rien! Qu'il soit heureux! C'était ce que j'avais voulu! C'était la chose la plus importante du monde!&lt;br /&gt;Il avait retrouvé sa joie.  Il était sûr que tout marcherait bien et tout a bien marché. ,Peu de temps après, il m'a annoncé qu'il était engagé pour de bon. Il n'arrêtait pas d'en soupirer d'aise. Il n'avait jamais demandé une grosse fortune, mon ami. Un peu lui suffisait!Après dîner, il a mis de la musique, a pris un livre et s'est assis dans le fauteuil. J'ai sauté sur ses genoux. Il m'a caressé en m'appelant son beau chat, son gentil chat, son chouette copain, son mini-frère à quatre pattes- il invente pour moi plein de noms de tendresse. Puis il m'a dit:&lt;br /&gt;- Et tu sais, mon vieux Chamboule, le truc, là-bas, dans le tiroir, c'est de la blague!On fait semblant d'y croire pour s'amuser, mais ce n'est qu'un objet, sans coeur ni âme, comment aurait-il le moindre pouvoir? Je vais te dire, Chamboule, c'est toi, c'est toi tout seul, mon maneki-neko.&lt;br /&gt;De bonheur, j'ai fermé les yeux. Mon ami, c'est le plus beau, le plus grand, le plus fort, le plus intelligent, le meilleur des humains. Il me caressait doucement. Je ronronnais. Dehors, j'entendais les grands souffles du vent, la pluie qui cinglait les volets. Mais chez nous, sous la lampe, il faisait beau et doux. Il fait merveilleusement beau et doux, quand on nous aime!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;* Tous droits réservés.</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Dit de l'âne</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/02/23/59-dit-de-lane" />
  <issued>2008-02-23T16:21:54+00:00</issued>
  <modified>2008-02-23T16:21:54+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2008/02/23/59-dit-de-lane</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>De bric et de broc...</dc:subject>
  <summary>Mon ami, monsieur Francis Jammesconnaissait le fond de mon âme.
 Il me savait pensif et douxquand je marchais le long des houx.
Il aimait mes yeux sans soleil,mon pas fatigué, mes longues...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon ami, monsieur Francis Jammes&lt;br /&gt;connaissait le fond de mon âme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Il me savait pensif et doux&lt;br /&gt;quand je marchais le long des houx.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Il aimait mes yeux sans soleil,&lt;br /&gt;mon pas fatigué, mes longues oreilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Vous, qui m'abreuvez de critiques :&lt;br /&gt;&quot; Têtu, capricieux, lunatique&quot;&lt;br /&gt;je vous trouve peu sympathiques
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Bien qu'appelé bête de somme,&lt;br /&gt;je suis moins bête que les hommes!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Si parfois ma cuisine pique,&lt;br /&gt;j'ai le coeur tendre et pacifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;J'aime le son, j'aime le son,&lt;br /&gt;mais pas celui du canon!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Azalou et le soleil</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/08/21/58-azalou-et-le-soleil" />
  <issued>2007-08-21T14:59:05+00:00</issued>
  <modified>2007-08-21T14:59:05+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/08/21/58-azalou-et-le-soleil</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !</dc:subject>
  <summary>C'étaient les grandes vacances. Mais on ne l'aurait jamais dit! La fin du printemps et le début de l'été ressemblaient à un automne. Il faisait gris, il pleuvait, il ventait. On n'avait pas pu...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;C'étaient les grandes vacances. Mais on ne l'aurait jamais dit! La fin du printemps et le début de l'été ressemblaient à un automne. Il faisait gris, il pleuvait, il ventait. On n'avait pas pu ranger les petites laines et même, parfois, il fallait en ressortir une grosse.&lt;br /&gt;- Quel sale temps! disait Maman.&lt;br /&gt;- Est-ce que ça devrait exister, un temps pareil, en Juillet? demandait Mamie. Le Bon Dieu ne fait plus son travail! Si ça continue, je vais faire signer une pétition à tous les vacanciers et la lui envoyer. C'est comme ça, de nos jours: il faut se fâcher pour obtenir quelque chose!&lt;br /&gt;- II est vieux, le Bon Dieu, répondait Mémé.Il est peut-être fatigué!&lt;br /&gt;Elle savait de quoi elle parlait, Mémé. C'est la maman de Papy. Elle est obligée de descendre les escaliers tout de travers parce qu'elle a mal aux chevilles, et elle se couche tôt, le soir, sinon elle s'endort sur le canapé.&lt;br /&gt;- Vous en faites, des histoires! a dit Azalou avec son sourire éclatant. Vous n'allez quand même pas déranger le Bon Dieu pour ça! Si vous voulez, j'irai vous le chercher, moi, le soleil!&lt;br /&gt;- Ca y est! s'est exclamée Maman, Azalou a encore une idée géniale! Et où iras-tu comme ça, ma bichette? Au supermarché du bout de la rue? Le soleil est enfoui là-bas au fond de la réserve et ils ont oublié de le mettre en rayon? C'est ça?&lt;br /&gt;- Mais non! J'irai le chercher chez lui! a dit Azalou. Je ferai vite! Vous ne vous apercevrez même pas que je suis partie! Vous me croirez en train de jouer chez Camille!&lt;br /&gt;Elle a pensé en elle-même:&lt;br /&gt;- Ou plutôt, vous me croirez en train de dormir!&lt;br /&gt;Ils ne savaient pas! Elle n'avait pas encore trouvé comment faire pour leur parler de Nasko, le petit cheval blanc aux pieds d'argent qui venait lui parler à la fenêtre de sa chambre les soirs de lune, dès que Maman avait repoussé la porte. On ne fermait pas complètement à cause de Bali, qui dormait dans la chambre. Et Bali, la gentille, tranquille au creux de sa corbeille, sous le bureau, n'aboyait même pas en entendant Nasko. Une chance!&lt;br /&gt;Azalou avait accepté à deux reprises d'aller faire un tour sur le dos du petit cheval. Il galopait, galopait, galopait, si vite que le vent vous sifflait aux oreilles. Ses sabots levaient des gerbes d'étincelles. Jusqu'en Chine, ils étaient allés. Ils avaient bondi par-dessus la Grande Muraille. Azalou l'avait bien reconnue. L'oncle de Camille y était allé et en avait rapporté des photos. Mais là, elle avait demandé à rentrer à la maison. Elle ne voulait pas que Papa et Maman risquent de découvrir son absence; ils auraient été inquiets. En quelques secondes, elle s'était retrouvée dans son lit.&lt;br /&gt;Avec Nasko, tout était possible! Elle pourrait sûrement aller vite fait chercher le soleil!&lt;br /&gt;- Notre Azalou a un imaginaire foisonnant! a dit papa.( Il parle bien, Papa )! En plus, elle est dégourdie et décidée. Elle serait bien capable de faire ce qu'elle dit!  Seulement, Bichette, je suis désolé, mais des parents responsables n'ont pas le droit de laisser leur enfant courir seul les routes. Alors, je dois dire non!&lt;br /&gt;- Cent pour cent d'accord avec Papa! a dit Maman.&lt;br /&gt;Papy a levé le nez de son livre et il a souri dans sa barbe. Ce que pensaient Mamie et Mémé, elles l'ont gardé pour elles. Elles savaient qu'il ne faut pas mettre son grain de sel dans les discussions parents-enfants. Mémé savait aussi que ce serait trop dur pour elle, même si elle en avait envie, d'aller avec Azalou chercher le soleil. Pour faire diversion, Mamie s'est dirigée vers la fenêtre:&lt;br /&gt;- Est-ce qu'on va quand même faire un tour en ville ou sur la plage? a-t-elle demandé.&lt;br /&gt;- Allez-y si vous voulez, a dit Mémé. Moi, je vais rester ici. Il pleut.&lt;br /&gt;- C'est ça! a dit Papy. Allons nous aérer un peu pendant que Mémé se repose.&lt;br /&gt;C'était lui que le mauvais temps dérangeait le moins. Il adore marcher sous la pluie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Quand Nasko est arrivé ce soir-là, Azalou a été bien surprise. Il n'avait pas envie de l'emmener chez le soleil. Il disait qu'il y fait trop chaud et qu'il avait peur de roussir sa belle crinière blanche:&lt;br /&gt;- Et si je te ramène avec les cheveux grillés et des cloques sur la figure, que vont dire tes parents?&lt;br /&gt;Azalou n'y avait pas pensé et c'est vrai que ça posait problème. Mais devant son air déçu, Nasko a proposé:&lt;br /&gt;- Ce que je peux faire, c'est t'emmener chez son neveu Crache-Loin, et, de là, tu lui téléphoneras.&lt;br /&gt;- Et qui est son neveu Crache-Loin?&lt;br /&gt;- Le dragon de la Haute Montagne!&lt;br /&gt;- M'emmener chez un dragon? Mais il va nous dévorer! Je ne veux pas!&lt;br /&gt;- N'aie pas peur! Celui-ci n'a jamais dévoré personne! Il est très gentil! Il est mon ami!&lt;br /&gt;Bon! Puisque Nasko le disait! Azalou a enfilé son K-way, pris son sac à dos où restait, intact, le goûter qu'on avait emporté sur la plage car il avait fallu rentrer en catastrophe, sous la pluie.&lt;br /&gt;Et en route! Nasko galopait, galopait, galopait, si vite que le vent leur
 sifflait aux oreilles. En un instant, il était loin dans la campagne. Et tout à coup, ils ont vu apparaître à l'horizon un gros nuage noir qui fonçait sur eux à toute allure.&lt;br /&gt;- L'orage arrive! a dit Azalou, pas rassurée du tout.&lt;br /&gt;- Ne t'inquiète pas! a répondu Nasko. C'est Sentinella qui m'entend galoper et qui envoie aux nouvelles!&lt;br /&gt;Il lui a expliqué que Sentinella était la gardienne des portes du Pays d'En Haut. Il y en avait sept et elle était présente aux sept en même temps. Le nuage arrivait. Nasko a frappé le sol d'un de ses sabots et il s'est élevé au-dessus d'eux un arbre au feuillage si serré qu'ils ne risquaient rien de la pluie. Surprise! Ce n'est pas de l'eau qui est tombée, mais des corbeaux et ils se précipitaient pour becqueter les jambes de Nasko. Il s'est mis à piaffer. Il envoyait les corbeaux rouler à plusieurs mètres. Ils faisaient: &quot; Aïe!&quot; et ils se dépêchaient de se relever et de décoller pour rejoindre leur nuage qui a rebroussé chemin.&lt;br /&gt;De nouveau, Nasko a galopé et là, ils ont entendu, au loin, des aboiements:&lt;br /&gt;- Sentinella a lâché ses chiens! a dit Nasko. Donne-leur des gâteaux, ça leur fera plaisir.&lt;br /&gt;Trois énormes chiens roux accouraient, mais soudain ils ont cessé d'aboyer et ont crié:&quot; Nasko! Nasko!&quot; en gambadant autour de lui.&lt;br /&gt;- Bonjour! a dit Nasko. la petite fille, c'est Azalou. Elle vous a apporté quelque chose!&lt;br /&gt;Ils sont venus prendre délicatement les gâteaux qu'Azalou leur tendait et ils ont crié:&quot; Azalou! Azalou!&quot; et ils lui léchaient la main.&lt;br /&gt;Et ils ont tous galopé, galopé, galopé, si vite que le vent leur sifflait aux oreilles. Les chiens ont pris un peu d'avance, se sont arrêtés devant une énorme haie d'épines qui semblait monter jusqu'au ciel. Ils ont crié:&lt;br /&gt;- Sentinella, tu peux ouvrir, c'est Nasko!&lt;br /&gt;- Je sais bien que c'est Nasko; les corbeaux me l'ont dit! a répondu une voix. Mais pourquoi amène-t-il une petite fille?&lt;br /&gt;- Bonjour, Sentinella! a dit Nasko. J'emmène Azalou chez Crache-Loin, elle voudrait parler au soleil.&lt;br /&gt;- Elle est gentille, ont dit les chiens: elle nous a donné des gâteaux!&lt;br /&gt; La haie d'épines a disparu aussitôt. Mais il restait une belle et haute grille de fer forgé  fermée  au cadenas. Derrière la grille , se tenait une dame, qui paraissait immensément vieille, qui était immensément belle; ses yeux faisaient penser à la mer. Azalou avait fait l'inventaire de son sac à dos. Elle a dit:&lt;br /&gt;- Madame, permettez-moi de vous offrir des bonbons à la menthe. Ce sont les préférés de ma Mémé. Elle trouve que ça lui donne du tonus. J'aimerais aussi vous laisser ce qui reste de gâteaux pour les chiens!&lt;br /&gt;Et elle lui a dédié son sourire éclatant.&lt;br /&gt;- C'est vrai qu'elle est gentille, a murmuré Sentinella,  et elle a ouvert la grille.&lt;br /&gt;- Passez! Et saluez pour moi Crache-Loin.&lt;br /&gt; Azalou a eu à peine le temps de dire merci et de donner ses cadeaux; ils étaient déjà en train de galoper, galoper, galoper, si vite que le vent leur sifflait aux oreilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;On ne pouvait pas avoir peur de Crache-Loin. C'était un dragon aimable et joyeux. Il les avait accueillis par quelques pas de danse, en chantant:&quot;Boum, la la! Pirouli! Piroula! la li la la boum! boum! boum! ça faisait rire. Quand Azalou lui avait donné ce qui restait dans son sac à dos, un gros paquet de bonbons aux fruits, il lui avait fait, dans les cheveux, un bisou qui chatouille. Puis, il avait appelé au téléphone son no-noncle Soleil, qui avait répondu &quot;Allo!&quot; de sa voix tonnante et il lui avait résumé la situation.  Mais maintenant qu'Azalou avait le portable entre les mains,elle se sentait tout intimidée, toute bête et ne savait plus quoi dire.&lt;br /&gt;- Si j'ai bien compris mon neveu, a dit la grosse voix, tu es une petite fille et tu trouves qu'on ne me voit pas assez chez toi? Tu crois donc que c'est amusant pour moi, de regarder les gens de la Terre? Toujours à se faire la guerre! Toujours à se disputer! Je vais te dire: ils me fatiguent! Leur tourner le dos un peu, ça me fait du bien! Est-ce que tu le comprends? Evidemment, toi, tu n'y es pour rien; ce n'est pas la faute des petites filles!&lt;br /&gt;Pleine d'espoir, elle a dit:&lt;br /&gt;- Monsieur Soleil, peut-être vous me connaissez? Je suis Azalou. J'aurais tellement besoin de vous pour que ma famille passe de bonnes vacances!&lt;br /&gt;- Azalou? Bien sûr, je te connais!C'est toi qui habites la maison en bois pas très loin de la mer. Bon! Eh bien, pour toi, je vais faire un effort, c'est promis!&lt;br /&gt;- Oh! Merci, Monsieur Soleil! Merci...&lt;br /&gt;Il avait déjà raccroché.&lt;br /&gt;Crache-Loin a fait quelques galipettes. Il a chanté:&quot;Boum la la! Pirouli! Piroula! La li la la boum! boum! boum!I l a dit à Nasko de revenir le voir quand il voudrait, ça lui ferait plaisir, pui il a demandé:&lt;br /&gt;- Voulez-vous que je vous renvoie à la maison?&lt;br /&gt;Nasko voulait bien; ils gagneraient du temps; ça leur rendrait service. Crache-Loin a soufflé tout doucement - ils ont été enveloppés de lumière et de chaleur - puis de plus en plus fort. ils ont traversé le ciel à toute allure et l'instant d'après, la boule de lumière s'est dissipée. Azalou était dans sa chambre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Le lendemain, elle a été réveillée par la voix de Maman:&lt;br /&gt;- Tout va bien, chérie? ce n'est pas le moment de faire la grasse matinée, regarde un peu ce ciel!&lt;br /&gt;Azalou s'est assise dans son lit. Le soleil entrait à flots par la fenêtre.&lt;br /&gt;- Tu vois, tu n'auras pas besoin d'aller chercher le soleil! Il est là!
 A moins...à moins que tu n'y sois allée cette nuit?&lt;br /&gt;Azalou était enchantée! Maman devinait tout!&lt;br /&gt;- Oui, justement, j'y suis allée, mais pas toute seule! C'est Nasko qui m'a emmenée!&lt;br /&gt;- Nasko?&lt;br /&gt;- Oui, un petit cheval blanc qui vient me parler à la fenêtre.&lt;br /&gt;- Et tu ne nous l'a pas présenté! Je veux absolument le connaître! Maintenant, debout, ma bichette, il faut profiter de cette belle journée!&lt;br /&gt;A partir de ce jour, les vacances ont été magnifiques. Il faisait chaud, mais pas trop ; on pouvait rester longuement sur la plage. Souvent, le soir, on faisait des promenades le long de la mer. Papa et Papy partaient devant, avec leurs grandes jambes. Bali les suivait mais se retournait souvent pour voir ce que devenait le reste de la troupe; et quand ils revenaient tous les trois, on rebroussait chemin  avec eux vers la maison. D'autres fois, on restait tard dans le jardin, à regarder se lever les étoiles. La première, à l'ouest, du côté de la mer, c'était Arcturus la rouge. La deuxième, quand on renversait la tête, presque au-dessus de la maison, blanche et bleue, c'était Vega. Papa connaissait les étoiles par leur nom. Peut-être qu'un cheval blanc, quand il était petit, l'avait emmené vers elles. Ou des oiseaux. Papa les aimait tous, même les corneilles. Maman les traitait de sales bêtes parce qu'elles avaient pillé le nid de tourterelles, dans le peuplier, mais Papa disait que ce n'était pas de leur faute, c'était leur nature, elles n'avaient pas demandé à être comme ça. Oui, c'était sûrement des corneilles qui avaient emmené Papa jusqu'aux étoiles! On parlait de petites choses sans importance, on riait pour des riens. On était ensemble. On était contents. Parfois, on entendait un léger ronflement; c'était Mémé. Elle adorait ce qu'elle appelait  les bains de fraîcheur du soir, dans la chaise longue. Azalou courait de l'un à l'autre, jouait avec Bali. Le soir, elle s'endormait avant que sa tête ait eu le temps d'arriver sur l'oreiller!&lt;br /&gt;Parfois, quand ils dînaient sur la terrasse, le soleil faisait un clin d'oeil à Azalou par le trou de la haie, là où il manquait un laurier, avant de se coucher. Elle répondait par son signe secret: elle passait trois fois son index sur le bout de son nez. Puis elle le remerciait dans son coeur. Alors, elle l'entendait rire.&lt;br /&gt;C'étaient de belles vacances, dont on se souviendrait. Quand les grands-parents sont repartis, Mémé  a dit, en serrant Azalou dans ses bras: &lt;br /&gt;- Merci, chérie, dêtre allée nous chercher le soleil!&lt;br /&gt;Et Mamie s'est écriée:&lt;br /&gt;- Mais c'est vrai! J'avais oublié! merci, Azalou!&lt;br /&gt;De Nasko, il n'a pas été question. De toute façon, il n'était pas revenu.&lt;br /&gt;Azalou leur a dédié à tous son sourire éclatant. Elle les aimait, ceux-là! Elle les aimait comme ils étaient, avec leur qualités et leurs défauts. Elle savait depuis longtemps que les grandes personnes disent un peu n'importe quoi et qu'elles n'ont pas beaucoup de mémoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* tous droits réservés.</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le dit du renard</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/06/05/57-le-dit-du-renard" />
  <issued>2007-06-05T08:47:19+00:00</issued>
  <modified>2007-06-05T08:47:19+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/06/05/57-le-dit-du-renard</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>De bric et de broc...</dc:subject>
  <summary>Soyons amis et laisse-moi tranquille,disait le renard à Rocky, lechien de la ferme voisine.J'en ai assez de tes poursuites! Pourquoi me mettrais-tu en fuite?J'ai acheté une conduite!Je ne mange plus...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Soyons amis et laisse-moi tranquille,&lt;br /&gt;disait le renard à Rocky, le&lt;br /&gt;chien de la ferme voisine.&lt;br /&gt;J'en ai assez de tes poursuites! &lt;br /&gt;Pourquoi me mettrais-tu en fuite?&lt;br /&gt;J'ai acheté une conduite!&lt;br /&gt;Je ne mange plus de lapins&lt;br /&gt;ni de poules, ni de pin-&lt;br /&gt;-tades, pas même un mulot égaré  &lt;br /&gt;cherchant son trou dans les guérêts!&lt;br /&gt;Terminés meurtres et rapines,&lt;br /&gt;festins sanglants dans les sapines!&lt;br /&gt;Je ne me mets plus sous la dent&lt;br /&gt;que des rizhomes de chiendent.&lt;br /&gt;Dormez en paix, potentielles victimes!&lt;br /&gt;Je veux être un renard de bien. &lt;br /&gt;Je me suis fait végétarien!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;* tous droits réservés.</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le chien (un conte traditionnel sibérien...</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/04/29/56-un-conte-traditionnel-siberien" />
  <issued>2007-04-29T12:37:57+00:00</issued>
  <modified>2007-04-29T12:37:57+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/04/29/56-un-conte-traditionnel-siberien</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !</dc:subject>
  <summary>...que j'ai beaucoup raconté.)
En hommage à ma petite Lisa, plus souvent dite Lili,  trois kilos d'amour, qui vient de retourner au pays de l'avant et de l'après, et à tous les chiens qui ont...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...que j'ai beaucoup raconté.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;En hommage à ma petite Lisa, plus souvent dite Lili,  trois kilos d'amour, qui vient de retourner au pays de l'avant et de l'après, et à tous les chiens qui ont accompagné ma vie de leur tendresse:&lt;br /&gt;Tommy, Pitou, Cham, Dana, Tiffen .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois, il y a bien longtemps, au commencement du monde, le chien vivait seul dans la taïga. A vivre seul, on vit sans joie. Il vous vient des peurs et des idées noires. A vivre seul, le chien s'est ennuyé. Tellement, qu'il s'est dit:&lt;br /&gt;- Ca ne peut pas durer comme ça. Sinon, je vais mourir de tristesse. Il me faut un ami!&lt;br /&gt;Et il est parti, à travers la grande forêt du nord, à la recherche d'un ami.&lt;br /&gt;Il a rencontré le lièvre. Il lui a dit:&lt;br /&gt;- Lièvre, si j'osais, je te demanderais bien quelque chose.&lt;br /&gt;-Ose! a dit le lièvre. Demande toujours, nous verrons bien!&lt;br /&gt;- Je cherche un ami. Voudrais-tu que nous vivions ensemble? Voudrais-tu que nous soyons amis, toi et moi?&lt;br /&gt;- Oh! mais oui, je veux bien, a dit le lièvre!&lt;br /&gt;Et le chien est parti avec le lièvre, vivre dans la maison du lièvre.&lt;br /&gt;Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit: un cri d'oiseau chasseur, la chute d'une branche morte, l'aboi d'un renard. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. Le lièvre s'est réveillé en sursaut et il a dit:&lt;br /&gt;- Tais-toi! Qu'est-ce qui te prend, de faire ce vacarme? Si tu aboies, le loup va t'entendre, il viendra nous manger! N'aboie pas comme ça! Tais-toi!&lt;br /&gt; Le chien a pensé:&lt;br /&gt;- Quel peureux, ce lièvre! Je ne peux pas rester avec lui! Je ne veux pas d'un ami sans courage!  Peut-être que le loup est courageux, lui!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le lendemain matin, le chien a quitté le lièvre. Il s'en est allé par la taïga à la recherche du loup.&lt;br /&gt;Il l'a rencontré et lui a dit:&lt;br /&gt;- Loup, j'aurais une proposition à te faire. Je cherche un ami.Si tu voulais, nous habiterions ensemble. Si tu voulais, nous serions amis, toi et moi.&lt;br /&gt;- Bonne idée! je veux bien, a dit le loup!&lt;br /&gt;Et le chien est parti avec le loup, vivre dans la maison du loup.&lt;br /&gt;
Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur cherchant un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé.  Le loup lui a dit:&lt;br /&gt;- Tais-toi, voyons! Si tu aboies, l'ours va venir  et il va nous manger. N'aboie pas comme ça! Tais-toi!&lt;br /&gt;Le chien a pensé:&lt;br /&gt;- Le loup est donc aussi peureux que le lièvre! Je ne vais pas rester avec lui! Je ne veux pas d'un ami sans courage! Peut-être que l'ours est courageux, lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Et le lendemain matin, le chien a quitté le loup. Il s'en est allé par la taïga à la recherche le l'ours et il l'a trouvé. Il lui a dit:&lt;br /&gt;- Ours, je cherche un ami. Est-ce que ça te dirait, que nous vivions ensemble? Aimerais-tu que nous soyons amis, toi et moi?&lt;br /&gt;- Oh, oui, ça me plairait bien, a dit l'ours.&lt;br /&gt;Alors le chien est parti avec l'ours, vivre dans la maison de l'ours.&lt;br /&gt;Le soir, ils se sont couchés, et dans la nuit le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. L'ours a dit:&lt;br /&gt;-Tu es fou! Tais-toi donc! Si tu aboies, l'homme va venir et il va nous tuer, avec son bâton qui crache du feu et qui est terrible! N'aboie pas comme ça! Tais-toi!&lt;br /&gt;Le chien a pensé:&lt;br /&gt;-L'ours est aussi poltron que le lièvre et le loup. Je ne resterai pas avec lui. je ne veux pas d'un ami sans courage. Peut-être que l'homme est courageux, lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Et le lendemain, le chien a quitté l'ours. Il est parti par la taïga à la recherche de l'homme et au bout d'un certain temps, il l'a trouvé. Il lui a dit:&lt;br /&gt;- Homme, si tu voulais m'écouter, j'aurais à te demander quelque chose.&lt;br /&gt;- Parle, je t'écoute! a répondu l'homme.&lt;br /&gt; -Je cherche un ami. Voudrais-tu que nous vivions ensemble? Je pourrais t'accompagner à la chasse ou garder ta maison. Voudrais-tu que nous soyons amis?&lt;br /&gt;- D'accord! Viens avec moi! a dit l'homme.&lt;br /&gt;Et le chien est parti avec l'homme, dans la maison de l'homme. Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. L'homme s'est réveillé et il a dit:&lt;br /&gt;
- Tu entends quelque chose, mon chien? Alors, aboie plus fort! Aboie! Si c'est un voyageur égaré qui appelle à l'aide, que ta voix le guide vers notre maison! Si c'est un rôdeur cherchant un mauvais coup à faire, fais-lui peur! Chasse-le! Aboie plus fort, mon chien, aboie!&lt;br /&gt;Alors, le chien a été content.&lt;br /&gt;Il s'est dit:&lt;br /&gt; - L'homme est bon. L'homme est courageux. L'homme n'a peur de rien. C'est l'ami que je cherchais. C'est l'ami qu'il me faut. Je vais rester avec lui!&lt;br /&gt;Et le chien est resté avec l'homme. Le chien est resté dans la maison de lhomme.&lt;br /&gt;Et il y est toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Les miroirs</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/04/01/55-les-miroirs" />
  <issued>2007-04-01T12:37:22+00:00</issued>
  <modified>2007-04-01T12:37:22+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/04/01/55-les-miroirs</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !</dc:subject>
  <summary>Il était une fois des gens qui s'appelaient les Manfishes et qui étaient bien les plus désagréables qu'on ait jamais vus de par le monde! Pour commencer, ils étaient sales. Ils jetaient tout par...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Il était une fois des gens qui s'appelaient les Manfishes et qui étaient bien les plus désagréables qu'on ait jamais vus de par le monde!&lt;br /&gt; Pour commencer, ils étaient sales. Ils jetaient tout par terre: les papiers, les détritus, tout ce qui leur passait entre les mains. Ceux qui habitaient les immeubles lançaient leurs ordures par la fenêtre; tant pis si elles tombaient sur la tête de quelqu'un! Ils faisaient d'ailleurs pas mal de choses par la fenêtre...Je n'insiste pas, ça vaudra mieux... Ils saccageaient les fleurs. ils abîmaient  les arbres. IIs taggaient les murs et ce n'était pas de l'art, je vous assure! On aurait dit qu'ils n'aimaient que la laideur.&lt;br /&gt;Mais ça ne leur suffisait pas; ils étaient aussi voleurs. Il fallait bien cacher son porte-monnaie quand on allait faire les courses, sinon, quelqu'un se mettait à courir et vous l'arrachait au passage. On ne pouvait plus se servir des caves, elles étaient pillées à tout moment. Il avait fallu mettre des barreaux à toutes les fenêtres des maisons, poser des portes blindées. Si vous aviez de beaux vêtements sur le dos, ils se mettaient à 2 ou 3 pour vous pousser dans un coin d'ombre et vous en dépouiller et ils vous laissaient dans la rue en slip, même  s'il gelait à pierre fendre.&lt;br /&gt;Bien heureux s'ils ne vous avaient pas à moitié assommé, car pour finir, ils étaient violents. Dans les files d'attente, chacun voulait passer avant son tour et il y avait des injures et des disputes, des bousculades, même des coups échangés. Tout leur était prétexte à bagarre, aussi on voyait beaucoup de bleus, de bosses, de bras et de jambes cassés.&lt;br /&gt;Depuis longtemps, les touristes ne venaient plus chez eux ; ils disaient que c'était un pays de mauvais sauvages.&lt;br /&gt;Et savez-vous pourquoi ils se comportaient de la sorte, ces pauvres Manfishes? (car à mon avis ils étaient presque autant à plaindre qu'à blâmer). Personne ne leur avait jamais dit qu'on peut respecter et aimer les autres et que ça rend la vie infiniment plus belle. Ils ne s'en doutaient même pas. Chacun n'avait d'amour dans le coeur que pour lui-même! Ils passaient plusieurs heures par jour à se regarder dans le miroir. Ils s'extasiaient: &quot; Comme je suis beau! Comme j'ai l'air fort et malin!&quot;. Et plus ils se contemplaient plus chacun d'eux pensait qu'il aurait mérité d'être le roi du monde.&lt;br /&gt;Un jour, à force de s'admirer, ils ont trouvé que leurs miroirs s'étaient empoussiérés et ternis et que leur image y devenait un peu floue. Alors, ils se sont mis à les nettoyer, à les frotter avec une pâte rose, à les essuyer soigneusement avec un chiffon doux.. Et quand ils s'y sont regardés à nouveau, ils n'en croyaient pas leurs yeux. Dans les miroirs bien propres, ils avaient des dents longues et pointues, des fronts butés, des figures méchantes.I 
ls avaient l'air de ce qu'ils étaient en réalité, c'est-à-dire de mauvais sujets, des gens sans foi ni loi, mais ils ne voulaient pas se reconnaître. Ils disaient: &quot; Non, non, ce n'est pas nous! Ces miroirs sont faussés, ils montrent n'importe quoi! Il faut les mettre au rebut immédiatement!&quot;&lt;br /&gt;Leur Gouverneur a fait installer partout des bennes de récupération, et dès le lendemain, elles étaient pleines. Et ils se sont précipités pour acheter (ou voler ) des miroirs neufs. Ils ne pouvaient pas s'en passer!&lt;br /&gt;Mais cette fois, c'était encore pire! Ce qu'ils voyaient dans les nouveaux miroirs, c'était des gens tranquilles, bien de leur personne, bon chic bon genre, mais avec des yeux! qui vous transperçaient et vous jugeaient! En rencontrant ce regard, les Manfishes sentaient la honte leur courir jusqu'au bout des ongles, jusqu'à la pointe des cheveux. Ils avaient envie de rentrer sous terre!&lt;br /&gt;- Qu'est-ce qu'ils ont, ceux-là, à nous fixer de la sorte? se sont demandé les Manfishes. Pour qui nous prennent-ils? Nous n'allons pas nous laisser traiter comme ça!&lt;br /&gt; Et ils ont cassé les miroirs.&lt;br /&gt;Ils n'auraient pas dû le faire!&lt;br /&gt; Parce que le lendemain, ces gens comme il faut, au regard terrible, qui leur faisaient peur, c'est dans la rue qu'ils les croisaient.&lt;br /&gt; Ils étaient sortis des miroirs brisés.&lt;br /&gt;En même temps, les Manfishes ont commencé à disparaître. Ils partaient au travail le matin, ou ils allaient faire des courses et ils ne revenaient pas. Où ils étaient passés, personne n'aurait pu le dire. Les nouveaux venus prenaient leur place, aussi, l'un dans l'autre, on s'y retrouvait.Tout pouvait continuer comme si de rien n'était.&lt;br /&gt;Et peu à peu- miracle!- les villes devenaient propres, toutes fleuries et pimpantes. Les gens se parlaient gentiment, se souriaient, se rendaient service les uns les autres. Ils vivaient tranquilles et aussi heureux qu'on peut l'être. Les touristes sont revenus en foule; le pays était beau.&lt;br /&gt;Les nouveaux Manfishes se sont fait appeler les Manfishes-Pa. Ils ne voulaient pas être confondus avec les anciens, ils en auraient été vexés.&lt;br /&gt;Cela se passait il y a longtemps et on n'a jamais su ce qu'il était advenu des Manfishes.&lt;br /&gt;Pourtant, de nos jours encore, à la tombée de la nuit, si vous jetez un coup d'oeil dans les lointains d'une devanture, ou dans les profondeurs de la glace d'une armoire, vous y apercevrez parfois d'étranges silhouettes qui leur ressemblent, qui vont, qui viennent, qui passent, qui repassent, qui tremblotent et qui ont l'air de se morfondre, prisonnières de l'hiver sans pitié des miroirs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;*Tous droits réservés.













.</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Une comptine traditionnelle</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/03/19/54-une-comptine-traditionnelle" />
  <issued>2007-03-19T09:02:09+00:00</issued>
  <modified>2007-03-19T09:02:09+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/03/19/54-une-comptine-traditionnelle</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Le coin des petits : comptines.</dc:subject>
  <summary>C'est ma maman qui me l'avait apprise:
Trois gendarmes sur un pontQui pêchaient du gros poisson.La corde se casseNe pleurez pas MadameVous en aurez bien d'autres
Qui auront les pieds jaunesOu les...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;C'est ma maman qui me l'avait apprise:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Trois gendarmes sur un pont&lt;br /&gt;Qui pêchaient du gros poisson.&lt;br /&gt;La corde se casse&lt;br /&gt;Ne pleurez pas Madame&lt;br /&gt;Vous en aurez bien d'autres&lt;br /&gt;
Qui auront les pieds jaunes&lt;br /&gt;Ou les pieds marron&lt;br /&gt;Marie- Madelon!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Dans le livre incontournable &quot; Les comptines de langue française&quot; recueillies et commentées par Jean Baucomont, Frank Guibat, Tante Lucile, Roger Pinon et Philippe Soupault, publié chez Seghers en 1961, j'ai trouvé une version approchante qui se disait en Suisse romande:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Une enfant baptisée&lt;br /&gt;Sur le bord d'une cuillère.&lt;br /&gt;La cuillère se casse:&lt;br /&gt;Ne pleurez pas Madame,&lt;br /&gt;On en fera une autre&lt;br /&gt;Qui aura les pieds jaunes,&lt;br /&gt;Des souliers en maroquin&lt;br /&gt;Qui feront crin crin crin crin.&lt;br /&gt;Mademoiselle, allez au coin!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Les comptines qu'est-ce que c'est ?</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/02/25/53-les-comptines-quest-ce-que-cest" />
  <issued>2007-02-25T15:50:40+00:00</issued>
  <modified>2007-02-25T15:50:40+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/02/25/53-les-comptines-quest-ce-que-cest</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Le coin des petits : comptines.</dc:subject>
  <summary>Le mot comptine est entré dans le dictionnaire Larousse en 1922. Sa définition était alors:" Une chanson enfantine, récitée pour déterminer, par le compte de syllabes, celui à qui un rôle social...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Le mot comptine est entré dans le dictionnaire Larousse en 1922. Sa définition était alors:&lt;br /&gt;&quot; Une chanson enfantine, récitée pour déterminer, par le compte de syllabes, celui à qui un rôle social sera dévolu dans le jeu&quot;.&lt;br /&gt; Pour dire les choses plus simplement, c'est une formulette récitée en séparant les syllabes. On l'utilise pour désigner celui qui aura le rôle principal dans un jeu.&lt;br /&gt;Elle sert donc à compter. Les enfants disent plutôt &quot;à plouffer&quot;, car souvent on la fait précéder des mots: plouf-plouf&lt;br /&gt;Certaines comptines se chantent, mais le plus grand nombre se scandent. En voici deux qui avaient notre préférence quand j'allais à l'école:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Un, deux, trois, j'irai dans les bois&lt;br /&gt; Quatre, cinq, six, cueillir des cerises,&lt;br /&gt;Sept, huit, neuf, dans mon panier neuf,&lt;br /&gt;Dix, onze, douze, elles seront toutes rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Une petite automobile&lt;br /&gt;Qui roulait de ville en ville,&lt;br /&gt;Où allait-elle?&lt;br /&gt;- (à Paris)&lt;br /&gt;-De quelle couleur était-elle?&lt;br /&gt;- ( Bleue)&lt;br /&gt;-As-tu du bleu sur toi?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;De même que les contes populaires, beaucoup de comptines datent de très longtemps et on n'en connaît pas les auteurs. Elles se transmettent de génération en génération, et, comme les contes, elles ont des variantes régionales. Naurellement, il s'en est créé de nouvelles au cours du temps. On peut dire qu'elles sont l'oeuvre des enfants:&lt;br /&gt;- soit qu'ils les aient entièrement créées eux-mêmes.&lt;br /&gt;-soit qu'ils les aient choisies dans des textes existants (surtout des chansons).&lt;br /&gt;- soit qu'ils aient transformé à leur manière ces bribes de textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;De nos jours, on appelle comptines tous les textes rimés destinés aux enfants...par les adultes: chansons, rondes, jeux de doigts, formulettes, poèmes. Ces comptines-là se doivent d'être pleines de joliesse, poétiques et fraîches. Mais les véritables comptines, les comptines vivantes, employées par les enfants pour faire la plouffe, loin des oreilles adultes, contiennent parfois des mots qu'on doit éviter à la maison. Si la plupart sont parfaitement convenables, il y en a aussi de triviales et d'autres franchement obscènes.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A mon avis, les comptines au sens premier du terme constituent une partie importante de notre patrimoine.&lt;br /&gt;Elles sont la contribution des enfants à la littérature orale populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le dragon du square des Tilleuls</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/01/30/52-le-dragon-du-square-des-tilleuls" />
  <issued>2007-01-30T17:05:30+00:00</issued>
  <modified>2007-01-30T17:05:30+00:00</modified>
  <id>http://www.abreuvetascience.net/bloglaurence/index.php?2007/01/30/52-le-dragon-du-square-des-tilleuls</id>
  <author><name>Laurence LAMIABLE</name></author>
  <dc:subject>Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !</dc:subject>
  <summary>II y avait bien, comme un peu partout, quelques olibrius qui prenaient plaisir à pourrir, autour d'eux, la vie des gens. Mais c'était, dans l'ensemble, une ville tranquille. Dans cette ville...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;II y avait bien, comme un peu partout, quelques olibrius qui prenaient plaisir à pourrir, autour d'eux, la vie des gens. Mais c'était, dans l'ensemble, une ville tranquille. Dans cette ville tranquille, le square des Tilleuls était particulièrement joli, propre et calme. Surtout l'immeuble 3 où les enfants étaient bien élevés, saluaient les voisins, leur tenaient la porte du hall, ne crachaient jamais dans les parties communes et jetaient toujours leurs emballages de bonbons et de gâteaux à la poubelle. L'immeuble 3 du square des Tilleuls, c'était un  très bon immeuble., c'était presque le paradis. Sauf...&lt;br /&gt;Sauf que l'air de rien, sous l'aspect trompeur d'une dame qui se faisait appeler madame Olga, au premier étage, face à l'aire de jeux, épiant constamment les enfants d'un oeil soupçonneux et sévère, vivait un dragon!&lt;br /&gt;Personne n'avait l'air de s'en douter. Seule, Mamie Alice l'avait percé à jour. Elle avait confié  à son amie Blanche - à mi-voix   - mais Tess et Paul avaient très bien entendu : &quot;Madame Olga? Ce n'est pas une femme, c'est un dragon&quot;! Tess en avait éprouvé un choc, car elle avait aussitôt eu l'impression qu'elle l'avait toujours su sans oser se le dire! Un dragon, mais oui! Malgré son sourire mielleux et ses belles paroles, au début, quand elle faisait l'aimable avec les nouveaux locataires, Tess avait lu clairement dans le regard cruel de ses petits yeux perçants, qu'elle avait envie de la dévorer! Elle en avait peur! Devant elle, elle se sentait toute raide, comme gelée! Bien sûr! madame Olga, c'était un dragon déguisé en dame!&lt;br /&gt;Mamie Alice gardait son petit-fils Paul le mercredi et le soir après la classe, en attendant que sa maman rentre du travail. Elle avait accepté de garder aussi Tess. La maman de Tess disait que Mamie Alice portait la bonté sur sa figure, que c'était quelqu'un d'extraordinaire, une nounou comme on n'en fait plus, qu'on avait bien de la chance de l'avoir trouvée et Tess était tout à fait de son avis. Mais la chance, voyez-vous, c'est comme le bonheur, qui est rarement sans nuage. Mamie Alice habitait l'appartement juste à côté de celui de la prétendue madame Olga. Et pour Tess, c'était ça, le gros nuage!&lt;br / &gt;Il avait bien fallu faire avec! Seulement, pas question de monter l'escalier en courant, de parler un peu fort sur le palier, de claquer la porte si peu que ce soit! Sinon madame Olga surgissait de son appartement tout en furie, la bouche pleine de paroles méchantes, et Tess était presque certaine, à ces moments-là, de lui voir cracher de la fumée et des flammes!&lt;br /&gt;Mamie Alice gardait son calme et son sourire. Elle lui portait même, de loin en loin , un morceau de la tarte aux poires et au chocolat qu'elle réussissait si bien. Mais Tess trouvait difficile de vivre si près d'une personne toujours fâchée. Et Paul, malgré les airs fanfarons qu'il se donnait, n'aimait pas ça non plus!&lt;br /&gt;Et puis - ça devait arriver! -il y a eu la goutte d'eau qui fait déborder le vase! Un après-midi où ils sortaient de l'appartement en riant, pour une promenade avec Mamie Alice, madame Olga a jailli de chez elle comme un diable de sa boîte en grondant:&lt;br /&gt;- Vous pourriez les élever mieux, ces enfants, madame Alice! Leur apprendre à ne pas faire de bruit, à respecter les voisins! De petits sauvages!(elle adorait ce mot) ,voilà ce que vous en faites!&lt;br /&gt;- Oh! ils vous ont dérangée en riant! a dit aimablement Mamie Alice. Excusez-les, madame Olga, ils ne riront plus! Mais respirer...ils peuvent? ça ne vous dérangera pas trop qu'ils respirent?&lt;br /&gt;Madame Olga l'a fusillée du regard:&lt;br /&gt;- Vous n'êtes pas intelligente, madame Alice!&lt;br /&gt;Elle est rentrée, et elle a repoussé sa porte avec fracas. Les murs en ont tremblé.&lt;br /&gt;- Eh! bien, a seulement dit Mamie Alice! pour quelqu'un que le bruit dérange!&lt;br /&gt;C'est au retour, quand ils ont été tous les deux dans la pièce qui leur servait de salle de jeux, que Paul a dit à Tess:&lt;br /&gt;-Ce dragon, tout de même, il faudrait bien nous en débarrasser!&lt;br /&gt;- Oh! oui, a répondu Tess! Il le faudrait, mais comment faire?&lt;br /&gt;- Dans les contes, quand des dragons vivaient encore sur terre, des garçons intrépides leur tranchaient la tête d'un coup d'épée, et après, les princesses voulaient absolument les épouser en récompense. Est-ce que tu m'épouserais, si je lui coupais la tête avec mon épée en plastique, comme ça: Tchoc!&lt;br /&gt;- M...oui! je veux bien t'épouser. A condition quand même que tu cesses de manger la pâte à tartiner en plongeant ton doigt dans le pot, comme tu le fais quand Mamie Alice a le dos tourné! je trouve ça un peu dégoûtant!&lt;br /&gt;- Les princesses, elles, ne mettaient pas de conditions! Elles étaient bien trop contentes d'être débarrassées du monstre!&lt;br /&gt;- Oui, moi aussi, je serais bien trop contente!  Mais tu te rends compte? Tu ne peux pas lui trancher le tête pendant qu'elle est une dame!&lt;br /&gt;- Non, bien sûr que non! Mais peut-être que la nuit elle redevient dragon. Si c'est le cas, je m'introduirai chez elle et je la terrasserai. C'est comme ça que ça se dit : &quot;terrasser le dragon&quot;!&lt;br /&gt;Tess a secoué la tête:&lt;br /&gt;- Je ne crois pas qu'elle redevienne dragon la nuit. A mon avis, c'est un enchanteur du pays des dragons qui l'a métamorphosée en dame pour la punir de quelque chose et elle restera madame Olga jusqu'à la fin de sa pénitence.&lt;br /&gt;- C'est possible! Viens, je vais poser une question à Mamie Alice. &quot;Mamie, as-tu déjà vu madame Olga la nuit?&quot;&lt;br /&gt;- Oui, a dit Mamie Alice. Au début de l'année, une chaudière s'était mise à ronfler, une nuit, dans le local et madame Olga est venue sonner chez moi, car elle croyait que c'était la mienne. En fait, c'était celle des voisins du fond.&lt;br /&gt;- Et comment était-elle, madame Olga?&lt;br /&gt;- Comme d'habitude! Enervée car elle n'arrivait pas à dormir et en plus elle avait peur que ça explose. Pourquoi me demandes-tu ça?&lt;br /&gt;- Une idée qui m'est passée par la tête! Elle est tellement bizarre! La nuit elle aurait pu être...je ne sais pas, moi,...un chien, par exemple!&lt;br /&gt;- Elle aurait pu, a dit Mamie Alice en riant. Mais non! Elle était une madame Olga tout ordinaire!&lt;br /&gt;-Tu avais raison! a dit Paul à Tess en retournant dans la salle de jeux. Et ce n'est pas drôle! ça veut dire qu'il faudra la supporter encore longtemps!&lt;br /&gt; Tout de même, le mercredi suivant, il a apporté son épée en plastique. Comme ça, si une occasion se présentait, ils étaient parés. Tchoc!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La vie a continué. Madame Olga semblait de plus en plus revêche: elle répondait à peine à leur bonjour. Mais le hasard, qui fait si bien les choses, travaillait pour eux. Il a fait découvrir à Paul, dans un catalogue que sa maman venait de recevoir, un appareil extraordinaire. Vous savez quoi? Le repousse -chiens! Ca met en fuite les chiens hargneux ou seulement turbulents qui viennent  tourner autour de vous et vous gêner. Quelle invention magnifique! Ca marchait peut-être aussi pour les dragons? Il a cherché sur internet et il a trouvé un site où ces engins étaient appelés &quot;repousse-animaux&quot;. Donc, oui! Pas de doute, ça marchait pour les dragons!&lt;br /&gt;Tess a trouvé ça gé-nial! Ils en prendraient un puissant, à cent euros ou plus. Ils l'actionneraient à chaque fois qu'ils passeraient devant l'appartement de madame Olga. Ils le maintiendraient le plus longtemps possible devant le trou de la serrure. Ce qui était super, c'est que ça ne pouvait pas lui faire de mal; seulement l'incommoder et la pousser à déménager. Les dragons avaient beau être de très méchantes bêtes, l'idée de lui trancher la tête avait déplu à Tess. De nos jours, il y a des choses qui ne se font plus. Et puis, ce dragon là, il était en même temps madame Olga. Un dragon à-moitié humain, ça changeait tout! Non! On ne pouvait pas recourir à une solution sanglante! Un repousse -chien, il n'y avait rien de mieux! Ils ont compté l'argent de leurs tirelires. Paul avait 27 euros et Tess 34. Après Noël ils pourraient en acheter un  tout à fait bien. Ca ne faisait plus que quelques mois à attendre!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Halloween approchait et les a occupés. Mamie Alice a fouillé dans le placard et en a sorti de vieilles étoffes: noires, rouges, grises. Il avait été convenu avec les mamans que Tess serait déguisée en sorcière et Paul en diable. Ce serait bien plus amusant que les maquillages de l'année passée! Mamie Alice s'est mise au travail et son amie Blanche est venue l'aider. Dès le premier essayage, les enfants se sont trouvés superbes. Paul surtout était fou de joie; il ne pouvait pas s'empêcher, une fois revenu dans la salle de jeux, de sauter et gesticuler en poussant- pas trop fort- son cri de guerre. Mais tout d'un coup, il s'est interrompu et a pris le bras de Tess:&lt;br /&gt;- Tess! Tess! J'y pense, l'an dernier, madame Olga ne nous a rien donné, pour Halloween! Elle n'a pas répondu, quand nous avons frappé chez elle! Si cette année elle ne nous donne rien, nous devons lui jeter un sort!&lt;br /&gt; - L'ennui, c'est que ce ne sera pas un vrai sort! Je ne serai ,pas une vraie sorcière ni toi un vrai diable!&lt;br /&gt;- Bien sûr que si, ce sera un vrai sort! A cause d'Halloween! Halloween, c'est la nuit où les gens de l'au-delà ont le droit de revenir sur terre.  Et c'est pour les accompagner et les honorer que les enfants quêtent des bonbons. Tu le sais bien, mon père nous l'a expliqué! On peut lui faire confiance, à mon père, quand même! Il sait presque tout, il est prof! La formule d'Halloween, c'est &quot; Des bonbons ou un sort&quot;! Donc, les enfants, ce soir-là, peuvent jeter un sort! Et le nôtre ne sera pas méchant! Nous dirons, par exemple:&quot; Madame Olga, nous vous jetons un sort. Retournez vite au pays des dragons&quot;! Peut-être même qu'au fond, ça lui rendra service. Si ça se trouve, c'est dur, pour elle, d'être une dame!&lt;br /&gt; Comment résister à des arguments pareils? Paul était souvent agaçant. Même très, très agaçant! Mais quel garçon intelligent, il fallait bien le reconnaître!&lt;br /&gt; Le grand soir d'Halloween, ils étaient si contents, excités et impatients qu'ils en avaient oublié madame Olga. Mais la première chose qu'ils ont vue en sortant, quand Mamie Alice les a autorisés à aller frapper chez les gens de l'immeuble a été le papier scotché sur la porte d'à côté:&lt;br /&gt;Sonai pas&lt;br /&gt;jépa de sucrerit&lt;br /&gt;( que voulez-vous, les dragons n'apprennent pas l'orthographe)!  Alors Paul a pointé sa fourche et Tess son balai vers l'appartement et le coeur battant, ils ont jeté leur sort. Après quoi, tout soulagés, ils ont commencé leur quête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Peu de jours après, quelqu'un a dit dans le groupe qui ramenait les enfants de l'école: &quot; Etes-vous au courant? Il paraît que madame Olga est sur le point de déménager&quot;. Non, personne ne le savait. Il se dit tant de choses...ce n'était peut-être pas vrai!&lt;br /&gt; Mais le lendemain, le camion d'un brocanteur a stationné devant l'immeuble. On vidait l'appartement de madame Olga. Dans l'après-midi, elle est descendue avec sa valise à roulettes et elle a pris un taxi qui l'attendait devant la grille. Elle est partie sans dire au revoir à personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;C'était la surprise! Où était-elle allée et pourquoi? La dame du bazar, qui était vaguement son amie, a dit qu'elle était retournée dans son ancien pays, à l'est, comment s'appelait-il déjà? un nom compliqué...Elle y avait hérité d'une petite maison. C'était pour régler ses affaires, qu'elle était restée longtemps absente, cet été.&lt;br /&gt;- Mais elle ne parlait jamais de son ancien pays! Elle disait qu&quot;elle passait ses étés chez sa soeur à Béthune!&lt;br /&gt;- Une soeur de Béthune qu'on n'avait jamais vue! C'était normal, ça, qu'elle aille toujours chez sa soeur et que sa soeur ne vienne jamais? Elle disait n'importe quoi, oui, elle se moquait de nous! &lt;br /&gt;-
 Elle voulait tout régenter! Elle donnait des leçons à tout le monde... Ce n'était pas la peine de partir en cachette, on se passera bien d'elle!&lt;br /&gt;Paul et Tess écoutaient ces propos bizarres de grandes personnes. Eux, voyaient madame Olga à l'entrée d'une grotte creusée dans une haute montagne. Elle avait un corps brun couvert d'écailles, une longue queue de dragon, de grandes ailes transparentes qui lui faisaient comme un manteau quand elle les soulevait un peu, des griffes longues comme ça!&lt;br /&gt;- Peut-être même elle a plusieurs têtes a suggéré Tess.&lt;br /&gt;- Oh! non, a protesté Paul. Elle n'avait pas assez de cervelle pour plusieurs têtes! Mais ça ne fait rien, elle ne doit pas être jolie, jolie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'immeuble 3 du square des Tilleuls, l'air et les coeurs étaient plus légers, malgré l'automne. Il arrivait qu'on se poursuive en riant dans l'escalier, on mettait la musique un peu plus fort, Paul ne se retenait plus de pousser parfois son cri de guerre. Un jour, il a demandé:&lt;br /&gt;- Toi, Mamie Alice, le sais-tu au juste, où est madame Olga?&lt;br /&gt;- Non, a dit Mamie Alice. Elle disait du vrai et du faux. Elle n'aimait pas qu'on connaisse sa vie. Elle brouillait les pistes. Mais qu'elle soit ici ou là, ça ne nous regarde pas! Souhaitons-lui seulement d'être heureuse là où elle est! Elle ne l'était pas, au milieu de nous!&lt;br /&gt; Mamie Alice avait pris son ton sérieux et une ombre passait sur son visage. Les enfants se sont regardés...ils ont eu très envie de lui faire plaisir. Ils ont dit:&lt;br /&gt;- Oh! oui, bien sûr, nous lui souhaitons d'être heureuse là où elle est!&lt;br /&gt;Ils le savaient bien, elle ne changerait jamais leur Mamie Alice! Elle était comme ça: tellement gentille qu'elle avait pitié même des dragons!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* tous droits réservés.&lt;br /&gt;</content>
</entry>
</feed>