jeudi 21 mai 2009
Par Laurence LAMIABLE,
jeudi 21 mai 2009 à 15:21 :: Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !
En ce temps-là, il y a longtemps, la petite maison un peu à l'écart du village, à côté du bois, était celle d'une grand-mère qu'on appelait Petite Marie. Elle avait quatre poules: Roussette, Bigarrée, Poule Noire, et la plus jeune, Cou Pelé - elle appartenait à cette race de poules qui n'ont pas de plumes sur le cou.
Elles étaient gâtées, ces quatre poules! Petite Marie les nourrissait en abondance de blé et de maïs; elle leur cuisait parfois des légumes; elle leur étalait de la salade verte; quand elle faisait un gâteau, elle leur en émiettait toujours une part en leur disant: " Régalez-vous, mes petites! ". Elle les laissait en liberté dans une grande cour herbue; elle tenait leur poulailler bien propre. Elles avaient une belle vie de poules et trois d'entre elles s'en rendaient compte. Seule, Cou Pelé n'était pas contente de son sort. Elle savait que la destinée des poules, c'est de passer à la casserole quand elles ne peuvent plus pondre, et ça, elle n'arrivait pas à l'accepter.
La sage et tranquille Roussette lui disait:
- On n'y peut rien changer! C'est écrit dans le livre de la vie depuis le commencement du monde! Tout a une fin! ça ne sert à rien de s'insurger! N'y pense pas! Profite plutôt des beaux jours que nous fait Petite Marie!
Cou Pelé lui trouvait des idées bien sottes! Elle se retenait de le dire , mais elle le pensait si fort que la bonne Roussette devait bien l'entendre! C'était un esprit rebelle, cette petite Cou Pelé!
Un jour d'été où les poules étaient sorties sur le chemin et avaient picoré jusqu'à l'orée du bois, où l'ombre était fraîche, Cou Pelé, en grattant la terre meuble a découvert une petite boîte rose. Elle l'a ouverte et elle est restée émerveillée. Dedans, il y avait une bague: une très jolie bague en argent, avec un chaton ciselé dans lequel était enchâssée une pierre superbe, aux mille reflets, irisée, chatoyante, qu'on aurait dit tombée de l'arc-en-ciel. Cou Pelé ne se lassait pas de la regarder: elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau.
- Qu'est-ce que je vais en faire? s'est demandé la petite poule. Si je la donne à Petite Marie, bien sûr, ça lui fera plaisir. Mais elle ne la portera jamais, elle n'a pas d'occasions de sortir. J'ai envie d'aller l'offrir à la reine. On dit qu'elle est très bonne et très juste. Tout le monde l'aime. Elle seule est digne de la porter. On dit aussi qu'elle est très triste depuis la disparition du roi dans ce malheureux accident. Elle sera sûrement contente que quelqu'un lui fasse un si beau cadeau. Elle voudra m'offrir une récompense. Alors, je lui demanderai de ne pas passer à la casserole.
- Oh! s'est écriée la sage Roussette, je t'en prie, ne pars pas!Tu n'imagines pas à quel point le monde est dangereux! Tu n'arriveras jamais chez la reine! Ne pars pas, reste avec nous!
- C'est quand même une belle idée, a dit Poule Noire, et j'aurais aimé l'accompagner! Mais je ne peux pas, j'ai trop peur!
- Moi aussi, j'ai peur! a dit Bigarrée. Ne pars pas! Le palais est trop loin pour nos petites pattes!
Elles pouvaient bien dire tout ce qu'elles voulaient, Cou Pelé n'en faisait jamais qu'à sa tête! Elle a mis la petite boîte sous son aile et elle est partie.
Elle a marché d'un bon pas toute la journée, contente du plaisir qu'elle allait faire à la reine. Mais quand les ombres du soir ont commencé à s'allonger, elle s'est mise à penser qu'il lui faudrait un abri pour la nuit. Elle était au milieu d'une grande plaine cultivée et pas un arbre, pas un arbuste où se jucher! Elle s'est arrêtée pour picorer quelques graines dans un champ qui venait d'être moissonné, puis elle est vite repartie, malgré ses pattes raides qui lui faisaient mal. Elle marchait et toujours pas d'arbustes, pas de haies. La nuit est arrivée. La petite poule n'y voyait plus rien. Elle est entrée dans un champ de maïs et s'est tapie là. Elle a juste eu le temps de se dire qu'elle risquait fort de se réveiller entre les dents pointues d'un renard ou d'un blaireau, de voir passer dans sa tête l'image de Roussette, puis elle est tombée dans le sommeil comme on tombe dans un trou!
Le lendemain, les premiers rayons du soleil l'ont réveillée. Elle était vivante! Vivante, mais avec des pattes qui avaient du mal à la porter, quand elle s'est levée pour sortir du champ! Elle a débouché sur le chemin d'où une pie s'est envolée puis s'est reposée aussitôt en la voyant. La pie a demandé:
- Que fais-tu donc si loin des maisons? Un renard t'avait prise et tu as réussi à lui échapper?
Cou Pelé a pris un air important:
- Non! Je suis partie chez la reine. J'ai quelque chose à lui remettre qui lui fera grand plaisir! Dis-moi, je vais bien dans la bonne direction?
- " Oui " a répndu la pie- elle était impressionnée! " Marche toujours vers le soleil levant. mais tu sais, c'est loin! Tu n'es pas près d'y arriver"!
- N'importe! Je mettrai le temps qu'il faudra. Merci du renseignement!
Et courageusement la petite poule est repartie.
Elle a marché des jours et des jours. Elle marchait et elle s'habituait, elle apprenait. Elle ménageait ses forces. Elle se cachait quand elle voyait au loin des gens ou des chiens. Une nuit où elle dormait perchée dans un chêne, elle a été réveillée par le cri d'une effraie en chasse.. Aussitôt, elle a entendu comme un frôlement qui montait, qui montait vers elle. Alerte! Sa dernière heure était-elle arrivée? Elle s'est dressée en battant des ailes et en gloussant; elle a essayé un petit vol de côté, un autre, encore un autre. Elle avait peur, elle ne savait pas trop ce qu'elle faisait. il y a eu un grand bruit de branches; des corbeaux,, dérangés, se sont envolés en protestant. La bête qui grimpait a dû prendre peur, elle aussi.. Elle s'est laissé glisser au bas de l'arbre et s'est enfuie. C'était une fouine qui avait pensé faire son dîner de la petite poule. Elle lui avait échappé de justesse. Cou pelé n'a pas pu se rendormir. Elle s'est rendu compte que chaque nuit elle était en danger. Roussette avait peut-être raison: elle n'aurait pas dû partir. Mais c'était fait! Elle n'allait pas retourner en arrière!
- J'arriverai chez la reine! Il faut que j'y arrive! s'est dit la petite poule. Ce soir, la chance était avec moi. Peut-être qu'elle ne me quittera plus!
Au matin, quand elle est repartie, elle était pleine de confiance.
Elle marchait. Un pas après l'autre, elle marchait, la vaillante petite poule! Et voilà qu'un jour, elle est arrivée devant une rivière.
- Je vais au palais royal; est-ce que j'en suis loin? a demandé Cou Pelé à une tourterelle en train de se désaltérer.
- A vol d'oiseau, pas tellement loin! a répondu la tourterelle. Mais toi, tu ne sais pas voler, ou si peu! Tu vas être obligée de faire un grand détour vers le nord pour trouver un pont. Ensuite, tu repartiras un peu en oblique et je crois que quelques jours devraient te suffire!
- Merci du renseignement! a dit Cou Pelé tout heureuse. Il y a longtemps que je marche et je serai rudement contente d'arriver!
- C'est vrai que tu as l'air fatiguée, a dit la tourterelle. Eh! bien, bonne route et bon courage!
La petite poule est donc partie vers le nord en suivant la rivière. Que c'était ennuyeux d'avoir un long détour à faire alors qu'elle était si près! Si seulement elle avait pu voler! Elle se demandait bien pourquoi les poules ont des ailes, si c'est pour ne servir à rien!Tout d'un coup, elle a vu des buissons, des arbrisseaux au milieu de l'eau. Mais c'était une île! Quelle chance, ça changeait tout! " Ce n'est pas large, je dois pouvoir traverser! a pensé Cou Pelé. Elle a bien examiné les lieux: oui, oui, elle pourrait certainement traverser d'un coup d'ailes. Elle a planté solidement son bec dans la petite boîte rose, elle a pris son élan et...plouf! à deux pas de l'île, elle est tombée à l'eau et le courant l'emportait, elle suffoquait.Elle a entendu une voix qui disait: " Regardez-la, cette folle!" et elle s'est senti rattrapée, remorquée jusqu'à l'île où elle s'est affalée.Elle a vite remis sous son aile trempée la petite boîte qu'elle tenait au bec et elle a repris peu à peu sa respiration. Une famille de canards s'était portée à son secours et s'agitait autour d'elle.
- Tu voulais donc te suicider? a demandé la cane.
- Non, je voulais seulement gagner du temps, je vais chez la reine! a dit la petite poule.
- Tu te prenais, pour la reine des airs! a dit le canard. Eh! bien, sèche-toi au soleil, repose-toi, et demain nous t'aiderons à traverser l'autre bras de la rivière.
Elle aurait bien voulu traverser tout de suite. Mais elle se sentait sans forces, après son début de noyade et elle avait si longtemps marché seule,c'était agréable de se laisser aller dans l'herbe douce, avec la famille canard qui vaquait à ses affaires aux alentours. Le lendemain matin, elle avait à peu près récupéré. Côte à côte, le canard et la cane l'ont prise sur leur dos, escortés de leurs enfants. En un rien de temps, elle était sur l'autre rive. Elle les a tous bien remerciés et elle est repartie toute joyeuse, car elle se disait qu'elle serait bientôt au bout de ses peines. Elle marchait, elle marchait. Les villages étaient plus nombreux, de ce côté-ci de la rivière. Elle devait faire très attention pour les éviter. Un jour, où elle s'était arrêtée sous un arbre pour se régaler de quelques poires, elle a senti tout d'un coup quelque chose tomber sur elle et l'envelopper. Elle a bien essayé de se dégager, mais il n'y avait rien à faire. C'était un enfant qui avait jeté sa veste sur elle et maintenant, il la soulevait, il l'emportait. Tout en courant, il l'a saisie par les pattes et s'est précipité dans une maison.
- Regarde, maman, j'ai attrapé une poule! je me demande d'où elle sort, elle était dans le pré d'en-haut!
La maman s'est mise à rire:
- On n'est pas près de la manger, elle est bien maigre! ça ne fait rien, mets-la dans l'enclos avec les autres! Elle fera bien un ragoût un jour ou l'autre!
Et le gamin a jeté la pauvre Cou Pelé dans un endroit grillagé où il y avait bien une vingtaine de poules qui ont fait à peine attention à elle. Elle s'est blottie dans un coin, désespérée: il y avait de quoi! Le coq est venu aux nouvelles, mais elle lui a dit:
- Ecoute, je suis très fatiguée. Si tu veux bien, nous parlerons demain!
Elle avait l'air tellement malheureuse qu'il n'a pas insisté.
Le soir, elle s'est couchée tôt, dans un noisetier à côté du poulailler. Peu à peu le courage lui revenait. Elle ne pouvait quand même pas échouer si près du but!
Elle avait raison de croire à sa chance. Dans la nuit, il y a eu dans le poullailler un grand vent de panique: des battements d'ailes, des caquètements effarouchés, d'autres désespérés, un terrible remue-ménage, un bruit de course, encore quelques gloussements malheureux, puis le silence. Elle avait compris: une sauvagine était entrée et s'était servie dans le poulailler! A la première lueur de l'aube, la petite poule a sauté de son perchoir. Elle a suivi le grillage, elle a trouvé le trouvé le trou fait par la bête et elle s'est enfuie.
C'est le lendemain que soudain, il est apparu devant elle! Il dressait ses hautes murailles blanches juste en face, au sommet d'uns colline. Le palais royal! Cou Pelé a senti comme un soleil qui lui éclatait dans le coeur. A partir de ce moment, ce sont ses pattes qui ont tout fait. Sa tête, elle ne l'avait plus: elle flottait quelque part sur un petit nuage rose. S'est-e
lle faufilée discrètement, l'air de rien, entre les jambes des gardes? Etait-elle devenue invisible le temps qu'il fallait? Toujours est-il qu'elle s'est retrouvée dans le jardin du palais puis sur le seuil de la cuisine. Le cuisinier, qui était sorti chercher un bouquet de persil, a failli lui marcher dessus en rentrant.
- Une poule! Qu'est-ce que tu fais là, toi? Ce n'est guère ta place!
- Bonjour, monsieur! a dit poliment Cou pelé. S'il vous plaît, je voudrais parler à la reine.
- Parce que tu crois que la reine a du temps à perdre avec une poule? Je me demande pour qui tu te prends!
- C'est que je lui apporte un joli cadeau! a dit Cou Pelé.
- Un cadeau! Je voudrais bien voir ça!
Il riait! ça le faisait rire!
Cou Pelé a pris la petite boîte rose sous son aile, elle l'a ouverte et l'a tendue au cuisinier. Il a fait:
- Pfff!...C'est ça, ton cadeau? Mais qu'est-ce que tu crois? C'est un bijou de servante, pas un bijou de reine!
Oooh!...Le goujat!...Un bijou de servante!... la petite poule était hors d'elle. Elle a crié:
- Vous dites ça parce que vous êtes jaloux! C'est un très beau bijou! Je suis sûre que la reine...
- Qu'est-ce qui se passe? a demandé une voix douce. Qu'est-ce que c'est que ce bruit?
Cou Pelé l'a deviné aussitôt, c'était la reine, qui se promenait dans le jardin. Avant d'avoir vu son visage, elle a vu ses mains, posées sur le chambranle de la porte. Elle ne portait que deux bagues, une à chaque main. Chacune était une splendeur!
- C'est cette poule, Madame, a dit le cuisinier. Elle voulait vous offrir une bague de pacotille!
Et il a tendu la boîte à la reine. La reine a regardé la bague, a regardé Cou Pelé:
- C'est vrai? Tu veux m'en faire cadeau?
- Oui, Madame. Je l'ai trouvée et je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. Alors j'ai pensé que vous seule en étiez digne. Mais peut-être...
Elle n'en a pas dit plus, elle aurait pleuré.
- Tu te trompes, Géraud, a dit la reine au cuisinier. Regarde-la mieux;: elle est très jolie, cette bague, finement ouvragée, avec une pierre parfaite. Une pierre de lune! J'adore les pierres de lune!
Elle l'a essayée, elle lui allait juste au petit doigt. Elle s'est tournée vers la poule:
- Je l'accepte avec joie. Quand le roi sera revenu - car on a beau dire, il n'est pas mort, je le sais - quand il sera revenu, donc, nous aurons des enfants. Cette bague sera pour notre première fille. Et en attendant, chaque jour je la porterai. Mais je voudrais te remercier. Dis-moi ce qui te ferait plaisir.
Cou Pelé contemplait avec ravissement cette dame si belle, si gentille, qui avait l'air de tout comprendre..Elle a pensé: " Je ne peux rien demander; ce serait mesquin, ce serait petit! Non, je ne demanderai rien!".
Elle a dit - elle s'étranglait bien un petit peu, mais elle a dit:
- Non merci, Madame, je ne veux rien. Ca me suffit largement si j'ai pu vous faire plaisir.
La reine paraissait songeuse. Elle a dit:
- Tu ne peux pas repartir comme ça. Je suppose que tu viens de loin: tu es toute maigre et fatiguée. Sans doute, tu as couru bien des dangers. Reste quelques temps au palais pour te reposer. Et même...Tu vois, ce que j'aimerais, ce serait te garder auprès de moi. Le parc est grand. Je t'y ferais construire une petite maison où tu vivrais avec quelques compagnes,parce que, seule, tu t'ennuierais Qu'est-ce que tu en penses?
- Et vous nous garderiez tout le temps? a demandé Cou Pelé. Je veux dire jusqu'au moment de passer à la casserole...
- Passer à la casserole! s'est écriée la reine. En voilà, une idée! Vous ne passeriez JAMAIS à la casserole, évidemment!
Une immense vague de bonheur est arrivée. Elle s'est déversée sur la petite poule, elle l'a submergée, soulevée, emportée, roulée, touneboulée. Elle a pensé qu'elle était morte, comme ça, sans s'en apercevoir et qu'elle se réveillait au paradis!
Celle qui a été bien surprise, quelques temps plus tard,c'est Petite Marie, quand une voiture officielle s'est arrêtée devant chez elle et que le grand Chambellan lui-même en est descendu et qu'il est venu frapper à sa porte. Il était chargé de lui donner des nouvelles de Cou Pelé et lui demander si elle voulait bien la céder à la reine, ainsi que ses autres poules, et venir elle- même au palais pour s'en occuper. Elle recevrait un bon salaire en tant que préposée au poulailler royal.
Elle n'en revenait pas, Petite Marie. La tête lui en tournait presque! Elle a dit oui bien vite. Elle ne demandait qu'à faire plaisir à la reine. Et en plus, c'était une aubaine: depuis quelques temps il pleuvait dans le grenier de sa maison; bientôt, ce serait sur son lit. Il aurait fallu faire réparer son toit, mais elle ne pouvait pas , elle était trop pauvre!
Son sac a été vite préparé: de tout temps, elle n'avait eu que deux robes, une pour changer l'autre. Et elle est partie, dans la belle voiture tirée par quatre chevaux, en emmenant Roussette, Bigarrée et Poule Noire.
Et voilà comment Petite Marie et ses quatre poules se sont retrouvées au palais royal, débarrassées de tout souci.
Roussette n'avait pas pu s'empêcher de murmurer à Cou Pelé:
- On dira ce qu'on voudra,c'était quand même une idée folle que tu as eue, de venir de si loin voir la reine! je croyais ne jamais te revoir!
Roussette était raisonnable et prudente. Elle n'avait pas encore remarqué que bien souvent, la chance, la réussite et le bonheur sourient à ceux qui ont des idées folles!
* tous droits réservés.
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mardi 29 juillet 2008
Par Laurence LAMIABLE,
mardi 29 juillet 2008 à 15:33 :: Virelangues et jeux de mots
Avec deux faux proverbes retrouvez le vrai:
1-
Qui va doucement n'avance pas vite.
Qui va au bout du monde va loin.
2-
Le petit vient en nageant..
Chaque être vit en mangeant
3-
Qui casse les verres doit boire à la bouteille.
Qui achète des terres les paye.
4-
La fortune sourit du haut des cieux.
Rien ne paraît impossible aux audacieux.
5-
Ne mange pas tout ton riz en un jour.
Paris ne s'est pas fait à Strasbourg.
6-
Quand on est fatigué, on se couche.
Comme on fait son lit, on coule (dit la rivière).
7-
Petit appétit, celui de l'oiseau.
Le printemps venu, l'oiseau fait son nid.
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Par Laurence LAMIABLE,
mardi 29 juillet 2008 à 15:29 :: Virelangues et jeux de mots
1- Qui va doucement va loin.
2- L'appétit vient en mangeant.
3- Qui casse les verres les paye.
4- La fortune sourit aux audacieux.
5- Paris ne s'est pas fait en un jour.
6- Comme on fait son lit, on se couche.
7- Petit à petit, l'oiseau fait son nid.
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vendredi 25 juillet 2008
Par Laurence LAMIABLE,
vendredi 25 juillet 2008 à 17:10 :: Virelangues et jeux de mots
1- L N A U 1 B B I R
2- L I M B A. L E C. L é M U.
3- R V M H A U T A C R V CC !
4- B A L E V L C A T L A H T 1 D L é O Q P.
5- M A é N R V R I C L A K C 1 V R ( T T) O K 6.
Trouvez vous- mêmes d'autres messages codés, c'est très amusant!
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Par Laurence LAMIABLE,
vendredi 25 juillet 2008 à 16:57 :: Virelangues et jeux de mots
1- Hélène a eu un bébé hier.
2- Elie aime Béa. Elle le sait, elle est émue.
3- Hervé aime à chahuter. Assez, Hervé! Cessez!
4- Béa est levée. Elle s'est hâtée. Elle a acheté un dé. Elle est occupée.
5- Emma est énervée, hérissée. Elle a cassé un verre de thé au cassis.
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dimanche 20 juillet 2008
Par Laurence LAMIABLE,
dimanche 20 juillet 2008 à 16:30 :: Virelangues et jeux de mots
Ma ville est belle. Mais attendez! ce n'est rien à côté de ce qu'elle sera. On va y construire plein de nouvelles maisons, des magasins superbes! Pour le moment, c'est la période ingrate: les excavatrices sont au travail. Il faut bien en passer par là! On creuse des tranchées, il y a des trous partout! Et - pas de chance, Laurence! - une de ces tranchées est passée juste là où je ne voulais pas qu'elle passe.
Je connaissais un endroit, en haut du mail, sous une haie, où poussaient des orchidées sauvages, des grandes listères. J'allais les voir, parfois même je leur parlais. Je crois que personne sauf moi ne les connaissait. C'était rudement bien, d'avoir mon minuscule jardin secret, d'enclore un mystère, ce coin à listères! Mais voilà!les machines y ont frayé leur chemin de taupes monstrueuses et après les travaux, les orchidées sauvages n'ont pas repoussé!
L'autre jour, j'avais encore cherché, sans trouver la moindre tige qui leur ressemble. J'avais poursuivi jusqu'au parc, toute contrariée, tournant le dos au chantier où on commençait à construire une nouvelle rue et un parking. Et tout d'un coup, quest-ce que je vois dans un massif d'arbustes? Un petit bonhomme en bonnet rouge, avec un justaucorps jaune et un pantalon bleu! Je me suis dit: " Quelque méchant gamin a volé un nain de jardin et l'a caché là. Ca ne se fait pas, des choses pareilles! Je vais le porter aux objets trouvés, il doit manquer à ses propriétaires! ". Mais, comme j'approchais, il a enlevé son bonnet, il s'est incliné et il m'a dit:
- Toujours! mamie conteuse.
Je te demande lardon, je voudrais te dire quelques pots.
Oh! la surprise!!! Je n'en croyais pas mes yeux; ils devaient s'ouvrir grand comme des roues de bicyclette!
J'ai dit:
- Je ne rêve pas? Tu es un vrai nain? Un nain du petit peuple? De ceux qui vivent sous terre?
Il s'est encore inclilné, il était vraiment très poli!
- Oui! Je m'appelle Pilou. Je suis le fief des nains sous la pile.
Je ne comprenais pas. J'ai regardé autour de nous:
- De quelle pile parles-tu?
- Celle-ci! la tienne! celle que tu abrites, bien mûr!
Soudain, j'ai eu une illumination! Il parlait en mots tordus! J'ai dit:
- Tu veux peut-être dire la ville? Tu es le chef des nains sous la ville?
- Oui! c'est bien ce que j'ai dit! a répondu Pilou.
- Et tu me connais?
- Bien mûr! Nous avons un sans pareil qui enregistre tout ce qu'on dit à repos de nous sur la terre. Et toi, tu as perlé de notre meuble aux enfants.
C'était vrai! J'avais dit des contes sur le petit peuple.
- Mais...on ne vous voyait plus jamais venir sur tere! Que se passe-t-il donc?
Pilou a répondu:
- Ce qui se casse, nous ne le savons pas, justement et je suis venu boire. Je suis venu aux poubelles parce que l'heure m'a semblé brave; nous avons pleur. Depuis quelques temps, nous entendons des fruits au- dessus de nous; il y a des fibres à scions, des frangins sont en frein de creuser; nous craignons que le fiel nous tombe sur la bête!
Les pauvres! Les travaux dans la ville les avaient inquiétés! Mettez-vous à leur place! J'ai dit:
- C'est de ça que tu voulais me parler? Rassure-toi, Pilou! Il y a des chantiers un peu partout et il y en aura d'autres, mais ce n'est pas dangereux pour vous! On creuse pour poser des canalisations et construire des immeubles, mais ça ne va pas bien profond. Je peux te l'assurer, rien ne vous menace!
Il a eu l'air soulagé. Il a dit:
- Je te broie, mamie conteuse, mais tu comprends, je suis le fief,
je dois me rendre honte des roses par moi-même. je vais attendre la suie pour que personne ne me noie et je passerai la pile en rebut.
( Quand il parle longtemps, ça devient un peu difficile)!
Je l'ai invité à passer à la maison après son inspection, mais il a refusé, il voulait rentrer le plus vite possible pour rassurer ses administrés. Nous avons échangé nos adresses électroniques, oui, ils ont des ordinateurs, ça a dû bien changer aussi chez eux. Il s'est de nouveau incliné:
- Farci beaucoup, mamie conteuse, je suis longtemps de t'avoir bue!
Nous nous sommes séparés et, après quelques pas, quand je me suis retournée pour lui faire signe, il n'était déjà plus là. Quelle rencontre extraordinaire! J'étais si contente que j'en avais oublié les orchidées. J'y ai repensé un peu plus tard, chez moi, en mangeant ma soupe. Je me suis dit que peut-être, l'an prochain ou dans deux ans, une racine courageuse, après s'être reposée et avoir pansé ses blessures, serait prise d'une irrésistible envie de vivre et de fleurir. Elle pousserait vers le jour une tige triomphante et peu à peu, malgré ce qui arrache, malgré ce qui hache, malgré ce qui fait mal, elles reviendraient, sous la haie, les listères.
J'aimerais beaucoup pouvoir les montrer à Pilou.
Si vous aimez les mots tordus, vous vous régalerez en lisant les livres de Pef
- Prince de Motordu
- La belle lisse poire du prince de Motordu.
- Motordu champignon olympique.
etc, etc...
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lundi 14 juillet 2008
Par Laurence LAMIABLE,
lundi 14 juillet 2008 à 16:02 :: Virelangues et jeux de mots
- un loup-phoque.
- une pie-panthère.
- un lion sot.
- un renard d'eau.
- un chat pitre.
- une pie rogue.
- un rat-daim.
- des canes-thons.
Réponses
ha! ha! ha! c'était:
- un loufoque (personne un peu folle).
- une pipe en terre.
- un lionceau ( petit du lion)
- un renardeau (petit du renard).
- un chapitre.
- une pirogue ( bateau).
- un radin (personne avare).
- des canetons (petits canards).
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jeudi 3 avril 2008
Par Laurence LAMIABLE,
jeudi 3 avril 2008 à 15:48 :: Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !
Peut-être n'allez-vous pas me croire...je n'en serais pas étonné! Tel que vous me voyez-là: superbe, allongé, haut sur pattes, le poil brillant, les yeux d'or pleins de rêve, élégant, racé, le plus beau des chats - c'est mon ami qui le dit - tel que vous me voyez, donc, j'ai été chat des rues. J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai connu toutes sortes de dangers.
Je suis né sur un sac pas très propre, mais c'était mieux que le béton, dans la cave d'un magasin qui venait de fermer. Par chance, il manquait un carreau à la fenêtre. Mes deux frères et moi, nous avons donc eu un bon abri pour nos premiers jours de vie. Quand nous avons commencé à courir partout, Maman nous a pris chacun à notre tour par la peau du cou et transportés dans la rue. Entre le trottoir et l'arrière des magasins, il y avait des arbustes bien touffus où nous cacher. Nous avons commencé à découvrir le monde. Il était clair et beau. Les commerçants d'à côté nous ont repérés; c'étaient de bonnes âmes; ils nous ont installé un carton où Maman se couchait pour nous allaiter et où nous pouvions rester tranquilles quand elle s'en allait chercher sa nourriture. Des gens passaient sans nous voir. Mais un jour une dame s'est arrêtée et a regardé longuement sous les arbustes. Elle est partie, puis elle est revenue peu après avec de la nourriture qu'elle a posée à côté du carton. Quelle fête quand Maman a découvert le cadeau! Elle n'en a pas laissé une miette! Et tous les jours, vers la même heure, la dame revenait nous apporter de la pâtée. Elle restait un moment à nous parler doucement, gentiment. Maman a pris l'habitude de l'attendre. Aucun de nous ne s'enfuyait plus à son approche. Grâce à elle, nous étions presque heureux pour des chats errants.
Mais voilà! Il y a eu le chien!
Un chien que son maître ne tenait pas en laisse! Tout à coup, sa grosse truffe renifleuse est apparue au-dessus de nous. Maman s'est dressée, toute hérissée. Elle a craché et lui a allongé un coup de griffes. Le chien a couiné, mais le museau revenait, alors Maman a sauté sur le trottoir et a couru, le chien à ses trousses, elle a couru et ouf! elle a réussi à disparaître dans la cave. L'instant d'après, le chien parti avec son maître, elle est ressortie, elle nous a cherchés, elle nous a comptés, elle nous a léchés, elle avait eu très peur!
Passer dans notre rue,le chien fouineur, il en a fait son habitude. Quand elle le voyait arriver, Maman se glissait sur le trottoir pour qu'il la poursuive et ne s'en prenne pas à nous. Elle lui échappait comme elle pouvait. Mais l'endroit n'était plus sûr, nous avons déménagé.
Maman connaissait bien le quartier. Elle nous a trouvé un petit terrain tranquille, à l'abri des chiens. C'était dans l'enceinte d'une école, derrière la maison du gardien et la cantine. Il y avait là une allée gravillonnée, une pelouse assez étroite avec des arbrisseaux et des massifs de fleurs, et bordée sur toute une longueur par un parking souterrain, dont le mur, à mi-hauteur, se continuait par une grille. On pouvait facilement s'y réfugier. Nous l'avons visité aussitôt, mais nous nous sommes enfuis très vite, car les gens venaient chercher leur voiture pour aller au travail, ça faisait beaucoup de bruit, nous avions peur.. Nous sommes restés longtemps blottis dans un massif. Quand nous nous sommes décidés à visiter notre nouveau domaine, prudemment, vous pouvez me croire!nous avons eu une délicieuse surprise: sous un petit arbre aux branches basses, nous a
vons découvert une assiette pleine de nourriture. A quatre, nous l'avons vidée en un éclair!
Le soir venu, nous avons vu que le parking avait un autre locataire, un matou à l'air pacifique. Nous nous sommes installés loin de lui pour ne pas le gêner. L'assiette sur la pelouse, c'était pour lui qu'elle avait été mise. Le jour suivant, il y est passé avant nous et n'a presque rien laissé. Nous, les petits, nous n'étions pas à plaindre, nous avions le lait de notre maman. mais elle, la pauvre, ce jour-là elle a fait carême. Les chats errants font carême plus souvent qu'à leur tour!
Par je ne sais quel miracle, très vite, une deuxième assiette est arrivée. Il y a bien eu, par- ci, par- là, des jours où elle restait vide. Ce n'était pas trop grave car nous avions trouvé les poubelles et l'avantage était que ces jours-là, nous pouvions fureter partout, il n'y avait personne dans la cour. Maman s'absentait de plus en plus longtemps. Nous, nous partions à la découverte des environs.
Le soir, fidèlement, quand les voitures étaient rentrées, nous nous retrouvions dans le parking. je pensais bien rester là, tranquille, jusqu'à devenir un chat adulte, mais c'était trop beau pour durer! Un couple de corneilles s'est mis à fréquenter notre petit jardin, et plusieurs fois, Maman a dû les chasser de notre assiette. Un jour où je me promenais, seul, sur la pelouse qui longeait l'école, une des corneilles est venue se poser devant moi. L'instant d'après, l'autre était là. Elles me fixaient, toutes les deux, je n'osais plus faire un pas en avant. J'avais beau me hérisser et cracher, ça ne les impressionnait pas. Elles attendaient le moment de se jeter sur moi. C'est alors que quelqu'un, sur le trottoir a tapé dans ses mains en criant:
- Ho! les corneilles! Allez-vous laisser ce chat!
Elles ont fait, chacune, un petit vol de côté, alors j'ai foncé et j'ai couru, j'ai couru, j'ai couru! je me suis faufilé sous un portillon, je l'avais vu de loin, il m'a à peine ralenti. J'ai couru, j'ai couru, J'ai failli passer sous les roues d'un cyclomoteur, j'ai couru, couru, couru, j'étais mort de peur. J'ai sauté par-dessus un ballon qui roulait vers moi. J'arrivais dans un espace vert avec un énorme buisson d'arbustes. J'ai filé droit sur lui, des branches m'ont fouetté, j'ai poussé jusqu'au milieu du buisson, et là, je me suis écroulé, mon coeur allait lâcher!
Je suis longtemps resté affalé dans ma forteresse végétale. je n'entendais pas de croassements, peut-être les corneilles ne m'avaient-elles pas suivi jusque là. Peu à peu, j'ai retrouvé mon calme. je me suis demandé si j'allais essayer de retourner à notre parking, mais rien que de penser aux corneilles, je me sentais mal. J'ai décidé que je coucherais là. Plus tard, le soir, je suis sorti avec précaution pour examiner les lieux. C'était une grande pelouse, traversée par une allée de marronniers et une piste cyclable, avec, plus bas, un autre gros buisson. De chaque côté, il y avait des maisonnettes avec des jardins. Je suis parti à la recherche des poubelles. Je n'ai pas mangé grand'chose, ce soir-là, mais j'étais vivant!
Le lendemain, j'ai abandonné définitivement l'idée de rejoindre ma famille. J'étais presque sevré, je pouvais vivre seul. J'ai adopté le buisson.
Ca n'a pas été la meilleure époque de ma vie. La nourriture était rare et, quand il pleuvait trop, il me fallait chercher un autre abri Je devais aussi choisir mes moments pour sortir, à cause des chiens que leurs maîtres lâchaient et qui couraient partout. J'y ai vécu tant bien que mal ma vie difficile de chat sans logis. J'ai souvent couru, j'ai souvent jeûné.
Et puis, un jour, quelqu'un s'est intéressé à moi. Il est venu tourner autour du buisson en me parlant doucement. Bien sûr, je ne suis pas sorti! Mais il est revenu et bientôt il m'a apporté de la nourriture et de l'eau. Il poussait les barquettes le plus loin possible dans le buisson, pour que les chiens ne les trouvent pas. Je me suis habitué à lui. Il venait tous les soirs. J'étais pressé de le voir arriver. Il est devenu mon ami. Un jour, j'ai accepté une caresse, puis, je me suis frotté à ses jambes. Il a fini par me dire:
- L'hiver va arriver, Chaton! Tu ne vas quand même pas le passer dans ton buisson!
Et un soir, il est venu avec un panier à chat qu'il a posé par terre. Dedans, ça sentait bon le bifteck haché. J'y suis entré, il a fermé la porte et c'est comme ça que mon ami m'a emmené chez lui.
Oh! je n'étais pas très fier, les premiers jours! Je me méfiais; mais mon ami était si gentil! il me caressait et me donnait de si bonnes choses! Quel bonheur! J'avais toujours l'estomac plein!
Il m'a appelé Chamboule. Il faut dire que lorsque je passais sur les meubles - ou dedans,car je faisais intimement connaissance avec l'endroit - beaucoup de choses tombaient! Ce n'était pas de ma faute! je crois qu'elles avaient peur de moi! Maintenant, elles commencent à s'habituer!
Nous avons été heureux, mon ami et moi. Et puis , soudain, de mauvais jours nous sont tombés dessus sans crier gare! Il allait perdre son travail. Il l'a perdu. Il était triste et préoccupé. Oh! il ne me laissait manquer de rien, mais il ne me faisait plus aussi souvent jouer avec mon lacet, et même quand il me caressait, je sentais bien qu'il avait l'esprit ailleurs. Il m'avait dit:
- Mon pauvre Chamboule, qu'allons-nous devenir? J'ai bien peur qu'avant longtemps nous ne soyons à la rue, toi et moi!
Une visite lui a rendu son sourire. Au moins pour un moment. Il avait pris un billet de tombola à des gens qui aident les animaux en détresse, il avait gagné et une dame lui apportait son lot. C'était un maneki-neko.
Un maneki-neko? Mon ami n'avait jamais entendu parler de ça! On n'est pas obligé de tout savoir! C'était un porte-bonheur japonais. Une jolie statuette en porcelaine, représentant un chat assis, qui lève une patte à la hauteur de son oreille. Il paraît que les Japonais les mettent dans leurs magasins et leurs maisons pour attirer la fortune. Mon ami a dit que c'était bien la chose dont il avait le plus besoin en ce moment et il l'a posé sur le plus haut rayon de l'étagère à livres. Puis, il s'est tourné vers moi:
- Et je compte sur toi, Chamboule, pour ne pas me le casser!
Evidemment, que je n'allais pas le casser! J'étais bien trop soulagé de nous voir tirés d'affaire! Je pensais que le lendemain, mon ami allait rentrer tout content, avec des billets plein les poches!
Eh! bien, pas du tout! Il était toujours aussi soucieux. Et les jours qui ont suivi, c'était pareil. Nous avions beau attendre, la fortune n'arrivait pas!
Il commençait à m'agacer, le machin- chose, en haut de son étagère! Il s'était mis en grève, ou quoi? Il ne se plaisait pas chez nous? Il m'avait tout l'air d'un bon à rien! J'ai patienté, j'ai patienté, mais il est arrivé un moment où je ne pouvais plus y tenir. J'y suis allé, sur le rayon du haut. Je l'ai reniflé, il était tout froid et il ne sentait même pas le chat. Je lui ai dit que ça ne pouvait plus durer comme ça! Que c'était bien beau de rester la patte en l'air comme un gros nigaud, mais qu'il devait se décider à faire son travail, sinon, il aurait affaire à moi!
Voilà! Il était prévenu! J'ai sauté de l'étagère. Que s'est-il passé, je ne sais pas, toujours est-il qu'il a sauté avec moi et crac! je l'ai vu là, par terre, en trois morceaux! Catastrophe! Désastre! Cassé, le maneki-neko! C'était la fin du monde! je me suis fourré sous le divan et j'ai dormi!
Le bruit de la clé m'a réveillé, mais je suis resté dans ma cachette.Mon ami s'étonnait de ne pas me voir. Il m'a appelé plusieurs fois : " Chamboule! Chamboule! Chamboule!" Puis sa voix est devenue inquiète: " Chamboule! Où es-tu? Tu n'es pas malade?". Enfin, il a vu et je l'ai entendu rire:
- Ah! c'est ça! Tu as encore fait un exploit! Espèce de maladroit! Allez, montre-toi, va, ce n'est pas grave!
Mon ami a la bonté dans le coeur. Il a ramassé les morceaux et les a mis dans un tiroir. J'ai fini par sortir. Après m'avoir caressé, en me disant des mots gentils, comme d'habitude, il m'a servi mon dîner, comme d'habitude. Mais je n'ai pas pu le finir.
Dès mon arrivée, mon ami avait installé mon panier, avec un coussin par-dessus, devant la porte du balcon. Comme nous sommes au premier étage, ça me fait un bon poste d'observation, d'où j'aime à regarder la rue. J'ai pris une grande décision: celle de m'y installer pour faire moi- même, lorsque je serais seul, le maneki-neko. Comme ça, si la fortune venait à passer, elle me verrait sûrement, pour peu qu'elle lève un peu les yeux, et saurait que nous l'attendions. Je me suis assis sur le coussin et j'ai levé la patte droite. C'était dur, je devais souvent m'arrêter pour me reposer, mais j'ai tenu bon. J'ai tenu bon plusieurs jours, peut-être une semaine.Et moi, je ne l'ai pas remarquée, la fortune, mais elle, elle a de bons yeux et elle m'a vu!
Je l'ai su, ce soir-là, rien qu'à la façon dont mon ami a ouvert la porte. Ensuite il est entré rayonnant, il m'a pris dans ses bras et m'a fait tourner en disant:
- Chamboule! ça y- est, Chamboule, la chance est avec nous!
Il avait retrouvé du travail. Enfin, presque! C'était une histoire incroyable:
Il traversait le vieux parc quand il avait entendu des cris de femme, et un homme cagoulé s'était presque jeté dans ses jambes, emportant un sac à main. Mon ami lui avait sauté dessus, le lui avait fait lâcher et l'avait redonné à la dame. Il voulait appeler les pompiers, mais elle n'avait pas été molestée, elle était simplement tremblante et choquée. Elle lui avait demandé d'appeler plutôt son fils et de l'accompagner pour prendre un thé au bar d'en face en l'attendant. Le fils arrivé, mon ami s'était levé pour partir, mais la dame avait voulu qu'ils prennent ensemble un autre thé. Ils avaient fait connaissance. Le fils tenait une grande librairie dans une ville voisine et il avait besoin d'un nouveau vendeur. Mon ami semblait avoir le profil qui convient, ils avaient rendez-vous le lendemain.
- Tu vois, disait mon ami, c'est vraiment un coup de veine! Même en morceaux, il fonctionne, le maneki-neko!
Pauvre de moi! Il croyait que c'était l'autre qui avait tout fait! Je le regardais, j'avais le coeur navré, je m'étais donné tellement de mal! Je le regardais, et brusquement j'en ai pris mon parti. Tant pis, s'il ne se doutait de rien! Qu'il soit heureux! C'était ce que j'avais voulu! C'était la chose la plus importante du monde!
Il avait retrouvé sa joie. Il était sûr que tout marcherait bien et tout a bien marché. ,Peu de temps après, il m'a annoncé qu'il était engagé pour de bon. Il n'arrêtait pas d'en soupirer d'aise. Il n'avait jamais demandé une grosse fortune, mon ami. Un peu lui suffisait!Après dîner, il a mis de la musique, a pris un livre et s'est assis dans le fauteuil. J'ai sauté sur ses genoux. Il m'a caressé en m'appelant son beau chat, son gentil chat, son chouette copain, son mini-frère à quatre pattes- il invente pour moi plein de noms de tendresse. Puis il m'a dit:
- Et tu sais, mon vieux Chamboule, le truc, là-bas, dans le tiroir, c'est de la blague!On fait semblant d'y croire pour s'amuser, mais ce n'est qu'un objet, sans coeur ni âme, comment aurait-il le moindre pouvoir? Je vais te dire, Chamboule, c'est toi, c'est toi tout seul, mon maneki-neko.
De bonheur, j'ai fermé les yeux. Mon ami, c'est le plus beau, le plus grand, le plus fort, le plus intelligent, le meilleur des humains. Il me caressait doucement. Je ronronnais. Dehors, j'entendais les grands souffles du vent, la pluie qui cinglait les volets. Mais chez nous, sous la lampe, il faisait beau et doux. Il fait merveilleusement beau et doux, quand on nous aime!
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samedi 23 février 2008
Par Laurence LAMIABLE,
samedi 23 février 2008 à 16:21 :: De bric et de broc...
Mon ami, monsieur Francis Jammes
connaissait le fond de mon âme.
Il me savait pensif et doux
quand je marchais le long des houx.
Il aimait mes yeux sans soleil,
mon pas fatigué, mes longues oreilles.
Vous, qui m'abreuvez de critiques :
" Têtu, capricieux, lunatique"
je vous trouve peu sympathiques
Bien qu'appelé bête de somme,
je suis moins bête que les hommes!
Si parfois ma cuisine pique,
j'ai le coeur tendre et pacifique.
J'aime le son, j'aime le son,
mais pas celui du canon!
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mardi 21 août 2007
Par Laurence LAMIABLE,
mardi 21 août 2007 à 14:59 :: Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !
C'étaient les grandes vacances. Mais on ne l'aurait jamais dit! La fin du printemps et le début de l'été ressemblaient à un automne. Il faisait gris, il pleuvait, il ventait. On n'avait pas pu ranger les petites laines et même, parfois, il fallait en ressortir une grosse.
- Quel sale temps! disait Maman.
- Est-ce que ça devrait exister, un temps pareil, en Juillet? demandait Mamie. Le Bon Dieu ne fait plus son travail! Si ça continue, je vais faire signer une pétition à tous les vacanciers et la lui envoyer. C'est comme ça, de nos jours: il faut se fâcher pour obtenir quelque chose!
- II est vieux, le Bon Dieu, répondait Mémé.Il est peut-être fatigué!
Elle savait de quoi elle parlait, Mémé. C'est la maman de Papy. Elle est obligée de descendre les escaliers tout de travers parce qu'elle a mal aux chevilles, et elle se couche tôt, le soir, sinon elle s'endort sur le canapé.
- Vous en faites, des histoires! a dit Azalou avec son sourire éclatant. Vous n'allez quand même pas déranger le Bon Dieu pour ça! Si vous voulez, j'irai vous le chercher, moi, le soleil!
- Ca y est! s'est exclamée Maman, Azalou a encore une idée géniale! Et où iras-tu comme ça, ma bichette? Au supermarché du bout de la rue? Le soleil est enfoui là-bas au fond de la réserve et ils ont oublié de le mettre en rayon? C'est ça?
- Mais non! J'irai le chercher chez lui! a dit Azalou. Je ferai vite! Vous ne vous apercevrez même pas que je suis partie! Vous me croirez en train de jouer chez Camille!
Elle a pensé en elle-même:
- Ou plutôt, vous me croirez en train de dormir!
Ils ne savaient pas! Elle n'avait pas encore trouvé comment faire pour leur parler de Nasko, le petit cheval blanc aux pieds d'argent qui venait lui parler à la fenêtre de sa chambre les soirs de lune, dès que Maman avait repoussé la porte. On ne fermait pas complètement à cause de Bali, qui dormait dans la chambre. Et Bali, la gentille, tranquille au creux de sa corbeille, sous le bureau, n'aboyait même pas en entendant Nasko. Une chance!
Azalou avait accepté à deux reprises d'aller faire un tour sur le dos du petit cheval. Il galopait, galopait, galopait, si vite que le vent vous sifflait aux oreilles. Ses sabots levaient des gerbes d'étincelles. Jusqu'en Chine, ils étaient allés. Ils avaient bondi par-dessus la Grande Muraille. Azalou l'avait bien reconnue. L'oncle de Camille y était allé et en avait rapporté des photos. Mais là, elle avait demandé à rentrer à la maison. Elle ne voulait pas que Papa et Maman risquent de découvrir son absence; ils auraient été inquiets. En quelques secondes, elle s'était retrouvée dans son lit.
Avec Nasko, tout était possible! Elle pourrait sûrement aller vite fait chercher le soleil!
- Notre Azalou a un imaginaire foisonnant! a dit papa.( Il parle bien, Papa )! En plus, elle est dégourdie et décidée. Elle serait bien capable de faire ce qu'elle dit! Seulement, Bichette, je suis désolé, mais des parents responsables n'ont pas le droit de laisser leur enfant courir seul les routes. Alors, je dois dire non!
- Cent pour cent d'accord avec Papa! a dit Maman.
Papy a levé le nez de son livre et il a souri dans sa barbe. Ce que pensaient Mamie et Mémé, elles l'ont gardé pour elles. Elles savaient qu'il ne faut pas mettre son grain de sel dans les discussions parents-enfants. Mémé savait aussi que ce serait trop dur pour elle, même si elle en avait envie, d'aller avec Azalou chercher le soleil. Pour faire diversion, Mamie s'est dirigée vers la fenêtre:
- Est-ce qu'on va quand même faire un tour en ville ou sur la plage? a-t-elle demandé.
- Allez-y si vous voulez, a dit Mémé. Moi, je vais rester ici. Il pleut.
- C'est ça! a dit Papy. Allons nous aérer un peu pendant que Mémé se repose.
C'était lui que le mauvais temps dérangeait le moins. Il adore marcher sous la pluie
Quand Nasko est arrivé ce soir-là, Azalou a été bien surprise. Il n'avait pas envie de l'emmener chez le soleil. Il disait qu'il y fait trop chaud et qu'il avait peur de roussir sa belle crinière blanche:
- Et si je te ramène avec les cheveux grillés et des cloques sur la figure, que vont dire tes parents?
Azalou n'y avait pas pensé et c'est vrai que ça posait problème. Mais devant son air déçu, Nasko a proposé:
- Ce que je peux faire, c'est t'emmener chez son neveu Crache-Loin, et, de là, tu lui téléphoneras.
- Et qui est son neveu Crache-Loin?
- Le dragon de la Haute Montagne!
- M'emmener chez un dragon? Mais il va nous dévorer! Je ne veux pas!
- N'aie pas peur! Celui-ci n'a jamais dévoré personne! Il est très gentil! Il est mon ami!
Bon! Puisque Nasko le disait! Azalou a enfilé son K-way, pris son sac à dos où restait, intact, le goûter qu'on avait emporté sur la plage car il avait fallu rentrer en catastrophe, sous la pluie.
Et en route! Nasko galopait, galopait, galopait, si vite que le vent leur
sifflait aux oreilles. En un instant, il était loin dans la campagne. Et tout à coup, ils ont vu apparaître à l'horizon un gros nuage noir qui fonçait sur eux à toute allure.
- L'orage arrive! a dit Azalou, pas rassurée du tout.
- Ne t'inquiète pas! a répondu Nasko. C'est Sentinella qui m'entend galoper et qui envoie aux nouvelles!
Il lui a expliqué que Sentinella était la gardienne des portes du Pays d'En Haut. Il y en avait sept et elle était présente aux sept en même temps. Le nuage arrivait. Nasko a frappé le sol d'un de ses sabots et il s'est élevé au-dessus d'eux un arbre au feuillage si serré qu'ils ne risquaient rien de la pluie. Surprise! Ce n'est pas de l'eau qui est tombée, mais des corbeaux et ils se précipitaient pour becqueter les jambes de Nasko. Il s'est mis à piaffer. Il envoyait les corbeaux rouler à plusieurs mètres. Ils faisaient: " Aïe!" et ils se dépêchaient de se relever et de décoller pour rejoindre leur nuage qui a rebroussé chemin.
De nouveau, Nasko a galopé et là, ils ont entendu, au loin, des aboiements:
- Sentinella a lâché ses chiens! a dit Nasko. Donne-leur des gâteaux, ça leur fera plaisir.
Trois énormes chiens roux accouraient, mais soudain ils ont cessé d'aboyer et ont crié:" Nasko! Nasko!" en gambadant autour de lui.
- Bonjour! a dit Nasko. la petite fille, c'est Azalou. Elle vous a apporté quelque chose!
Ils sont venus prendre délicatement les gâteaux qu'Azalou leur tendait et ils ont crié:" Azalou! Azalou!" et ils lui léchaient la main.
Et ils ont tous galopé, galopé, galopé, si vite que le vent leur sifflait aux oreilles. Les chiens ont pris un peu d'avance, se sont arrêtés devant une énorme haie d'épines qui semblait monter jusqu'au ciel. Ils ont crié:
- Sentinella, tu peux ouvrir, c'est Nasko!
- Je sais bien que c'est Nasko; les corbeaux me l'ont dit! a répondu une voix. Mais pourquoi amène-t-il une petite fille?
- Bonjour, Sentinella! a dit Nasko. J'emmène Azalou chez Crache-Loin, elle voudrait parler au soleil.
- Elle est gentille, ont dit les chiens: elle nous a donné des gâteaux!
La haie d'épines a disparu aussitôt. Mais il restait une belle et haute grille de fer forgé fermée au cadenas. Derrière la grille , se tenait une dame, qui paraissait immensément vieille, qui était immensément belle; ses yeux faisaient penser à la mer. Azalou avait fait l'inventaire de son sac à dos. Elle a dit:
- Madame, permettez-moi de vous offrir des bonbons à la menthe. Ce sont les préférés de ma Mémé. Elle trouve que ça lui donne du tonus. J'aimerais aussi vous laisser ce qui reste de gâteaux pour les chiens!
Et elle lui a dédié son sourire éclatant.
- C'est vrai qu'elle est gentille, a murmuré Sentinella, et elle a ouvert la grille.
- Passez! Et saluez pour moi Crache-Loin.
Azalou a eu à peine le temps de dire merci et de donner ses cadeaux; ils étaient déjà en train de galoper, galoper, galoper, si vite que le vent leur sifflait aux oreilles.
On ne pouvait pas avoir peur de Crache-Loin. C'était un dragon aimable et joyeux. Il les avait accueillis par quelques pas de danse, en chantant:"Boum, la la! Pirouli! Piroula! la li la la boum! boum! boum! ça faisait rire. Quand Azalou lui avait donné ce qui restait dans son sac à dos, un gros paquet de bonbons aux fruits, il lui avait fait, dans les cheveux, un bisou qui chatouille. Puis, il avait appelé au téléphone son no-noncle Soleil, qui avait répondu "Allo!" de sa voix tonnante et il lui avait résumé la situation. Mais maintenant qu'Azalou avait le portable entre les mains,elle se sentait tout intimidée, toute bête et ne savait plus quoi dire.
- Si j'ai bien compris mon neveu, a dit la grosse voix, tu es une petite fille et tu trouves qu'on ne me voit pas assez chez toi? Tu crois donc que c'est amusant pour moi, de regarder les gens de la Terre? Toujours à se faire la guerre! Toujours à se disputer! Je vais te dire: ils me fatiguent! Leur tourner le dos un peu, ça me fait du bien! Est-ce que tu le comprends? Evidemment, toi, tu n'y es pour rien; ce n'est pas la faute des petites filles!
Pleine d'espoir, elle a dit:
- Monsieur Soleil, peut-être vous me connaissez? Je suis Azalou. J'aurais tellement besoin de vous pour que ma famille passe de bonnes vacances!
- Azalou? Bien sûr, je te connais!C'est toi qui habites la maison en bois pas très loin de la mer. Bon! Eh bien, pour toi, je vais faire un effort, c'est promis!
- Oh! Merci, Monsieur Soleil! Merci...
Il avait déjà raccroché.
Crache-Loin a fait quelques galipettes. Il a chanté:"Boum la la! Pirouli! Piroula! La li la la boum! boum! boum!I l a dit à Nasko de revenir le voir quand il voudrait, ça lui ferait plaisir, pui il a demandé:
- Voulez-vous que je vous renvoie à la maison?
Nasko voulait bien; ils gagneraient du temps; ça leur rendrait service. Crache-Loin a soufflé tout doucement - ils ont été enveloppés de lumière et de chaleur - puis de plus en plus fort. ils ont traversé le ciel à toute allure et l'instant d'après, la boule de lumière s'est dissipée. Azalou était dans sa chambre.
Le lendemain, elle a été réveillée par la voix de Maman:
- Tout va bien, chérie? ce n'est pas le moment de faire la grasse matinée, regarde un peu ce ciel!
Azalou s'est assise dans son lit. Le soleil entrait à flots par la fenêtre.
- Tu vois, tu n'auras pas besoin d'aller chercher le soleil! Il est là!
A moins...à moins que tu n'y sois allée cette nuit?
Azalou était enchantée! Maman devinait tout!
- Oui, justement, j'y suis allée, mais pas toute seule! C'est Nasko qui m'a emmenée!
- Nasko?
- Oui, un petit cheval blanc qui vient me parler à la fenêtre.
- Et tu ne nous l'a pas présenté! Je veux absolument le connaître! Maintenant, debout, ma bichette, il faut profiter de cette belle journée!
A partir de ce jour, les vacances ont été magnifiques. Il faisait chaud, mais pas trop ; on pouvait rester longuement sur la plage. Souvent, le soir, on faisait des promenades le long de la mer. Papa et Papy partaient devant, avec leurs grandes jambes. Bali les suivait mais se retournait souvent pour voir ce que devenait le reste de la troupe; et quand ils revenaient tous les trois, on rebroussait chemin avec eux vers la maison. D'autres fois, on restait tard dans le jardin, à regarder se lever les étoiles. La première, à l'ouest, du côté de la mer, c'était Arcturus la rouge. La deuxième, quand on renversait la tête, presque au-dessus de la maison, blanche et bleue, c'était Vega. Papa connaissait les étoiles par leur nom. Peut-être qu'un cheval blanc, quand il était petit, l'avait emmené vers elles. Ou des oiseaux. Papa les aimait tous, même les corneilles. Maman les traitait de sales bêtes parce qu'elles avaient pillé le nid de tourterelles, dans le peuplier, mais Papa disait que ce n'était pas de leur faute, c'était leur nature, elles n'avaient pas demandé à être comme ça. Oui, c'était sûrement des corneilles qui avaient emmené Papa jusqu'aux étoiles! On parlait de petites choses sans importance, on riait pour des riens. On était ensemble. On était contents. Parfois, on entendait un léger ronflement; c'était Mémé. Elle adorait ce qu'elle appelait les bains de fraîcheur du soir, dans la chaise longue. Azalou courait de l'un à l'autre, jouait avec Bali. Le soir, elle s'endormait avant que sa tête ait eu le temps d'arriver sur l'oreiller!
Parfois, quand ils dînaient sur la terrasse, le soleil faisait un clin d'oeil à Azalou par le trou de la haie, là où il manquait un laurier, avant de se coucher. Elle répondait par son signe secret: elle passait trois fois son index sur le bout de son nez. Puis elle le remerciait dans son coeur. Alors, elle l'entendait rire.
C'étaient de belles vacances, dont on se souviendrait. Quand les grands-parents sont repartis, Mémé a dit, en serrant Azalou dans ses bras:
- Merci, chérie, dêtre allée nous chercher le soleil!
Et Mamie s'est écriée:
- Mais c'est vrai! J'avais oublié! merci, Azalou!
De Nasko, il n'a pas été question. De toute façon, il n'était pas revenu.
Azalou leur a dédié à tous son sourire éclatant. Elle les aimait, ceux-là! Elle les aimait comme ils étaient, avec leur qualités et leurs défauts. Elle savait depuis longtemps que les grandes personnes disent un peu n'importe quoi et qu'elles n'ont pas beaucoup de mémoire.
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mardi 5 juin 2007
Par Laurence LAMIABLE,
mardi 5 juin 2007 à 08:47 :: De bric et de broc...
Soyons amis et laisse-moi tranquille,
disait le renard à Rocky, le
chien de la ferme voisine.
J'en ai assez de tes poursuites!
Pourquoi me mettrais-tu en fuite?
J'ai acheté une conduite!
Je ne mange plus de lapins
ni de poules, ni de pin-
-tades, pas même un mulot égaré
cherchant son trou dans les guérêts!
Terminés meurtres et rapines,
festins sanglants dans les sapines!
Je ne me mets plus sous la dent
que des rizhomes de chiendent.
Dormez en paix, potentielles victimes!
Je veux être un renard de bien.
Je me suis fait végétarien!
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dimanche 29 avril 2007
Par Laurence LAMIABLE,
dimanche 29 avril 2007 à 12:37 :: Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !
...que j'ai beaucoup raconté.)
En hommage à ma petite Lisa, plus souvent dite Lili, trois kilos d'amour, qui vient de retourner au pays de l'avant et de l'après, et à tous les chiens qui ont accompagné ma vie de leur tendresse:
Tommy, Pitou, Cham, Dana, Tiffen .
Autrefois, il y a bien longtemps, au commencement du monde, le chien vivait seul dans la taïga. A vivre seul, on vit sans joie. Il vous vient des peurs et des idées noires. A vivre seul, le chien s'est ennuyé. Tellement, qu'il s'est dit:
- Ca ne peut pas durer comme ça. Sinon, je vais mourir de tristesse. Il me faut un ami!
Et il est parti, à travers la grande forêt du nord, à la recherche d'un ami.
Il a rencontré le lièvre. Il lui a dit:
- Lièvre, si j'osais, je te demanderais bien quelque chose.
-Ose! a dit le lièvre. Demande toujours, nous verrons bien!
- Je cherche un ami. Voudrais-tu que nous vivions ensemble? Voudrais-tu que nous soyons amis, toi et moi?
- Oh! mais oui, je veux bien, a dit le lièvre!
Et le chien est parti avec le lièvre, vivre dans la maison du lièvre.
Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit: un cri d'oiseau chasseur, la chute d'une branche morte, l'aboi d'un renard. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. Le lièvre s'est réveillé en sursaut et il a dit:
- Tais-toi! Qu'est-ce qui te prend, de faire ce vacarme? Si tu aboies, le loup va t'entendre, il viendra nous manger! N'aboie pas comme ça! Tais-toi!
Le chien a pensé:
- Quel peureux, ce lièvre! Je ne peux pas rester avec lui! Je ne veux pas d'un ami sans courage! Peut-être que le loup est courageux, lui!
Et le lendemain matin, le chien a quitté le lièvre. Il s'en est allé par la taïga à la recherche du loup.
Il l'a rencontré et lui a dit:
- Loup, j'aurais une proposition à te faire. Je cherche un ami.Si tu voulais, nous habiterions ensemble. Si tu voulais, nous serions amis, toi et moi.
- Bonne idée! je veux bien, a dit le loup!
Et le chien est parti avec le loup, vivre dans la maison du loup.
Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur cherchant un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. Le loup lui a dit:
- Tais-toi, voyons! Si tu aboies, l'ours va venir et il va nous manger. N'aboie pas comme ça! Tais-toi!
Le chien a pensé:
- Le loup est donc aussi peureux que le lièvre! Je ne vais pas rester avec lui! Je ne veux pas d'un ami sans courage! Peut-être que l'ours est courageux, lui.
Et le lendemain matin, le chien a quitté le loup. Il s'en est allé par la taïga à la recherche le l'ours et il l'a trouvé. Il lui a dit:
- Ours, je cherche un ami. Est-ce que ça te dirait, que nous vivions ensemble? Aimerais-tu que nous soyons amis, toi et moi?
- Oh, oui, ça me plairait bien, a dit l'ours.
Alors le chien est parti avec l'ours, vivre dans la maison de l'ours.
Le soir, ils se sont couchés, et dans la nuit le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. L'ours a dit:
-Tu es fou! Tais-toi donc! Si tu aboies, l'homme va venir et il va nous tuer, avec son bâton qui crache du feu et qui est terrible! N'aboie pas comme ça! Tais-toi!
Le chien a pensé:
-L'ours est aussi poltron que le lièvre et le loup. Je ne resterai pas avec lui. je ne veux pas d'un ami sans courage. Peut-être que l'homme est courageux, lui.
Et le lendemain, le chien a quitté l'ours. Il est parti par la taïga à la recherche de l'homme et au bout d'un certain temps, il l'a trouvé. Il lui a dit:
- Homme, si tu voulais m'écouter, j'aurais à te demander quelque chose.
- Parle, je t'écoute! a répondu l'homme.
-Je cherche un ami. Voudrais-tu que nous vivions ensemble? Je pourrais t'accompagner à la chasse ou garder ta maison. Voudrais-tu que nous soyons amis?
- D'accord! Viens avec moi! a dit l'homme.
Et le chien est parti avec l'homme, dans la maison de l'homme. Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. L'homme s'est réveillé et il a dit:
- Tu entends quelque chose, mon chien? Alors, aboie plus fort! Aboie! Si c'est un voyageur égaré qui appelle à l'aide, que ta voix le guide vers notre maison! Si c'est un rôdeur cherchant un mauvais coup à faire, fais-lui peur! Chasse-le! Aboie plus fort, mon chien, aboie!
Alors, le chien a été content.
Il s'est dit:
- L'homme est bon. L'homme est courageux. L'homme n'a peur de rien. C'est l'ami que je cherchais. C'est l'ami qu'il me faut. Je vais rester avec lui!
Et le chien est resté avec l'homme. Le chien est resté dans la maison de lhomme.
Et il y est toujours.
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dimanche 1 avril 2007
Par Laurence LAMIABLE,
dimanche 1 avril 2007 à 12:37 :: Contes et histoires à ne lire sous aucun prétexte !
Il était une fois des gens qui s'appelaient les Manfishes et qui étaient bien les plus désagréables qu'on ait jamais vus de par le monde!
Pour commencer, ils étaient sales. Ils jetaient tout par terre: les papiers, les détritus, tout ce qui leur passait entre les mains. Ceux qui habitaient les immeubles lançaient leurs ordures par la fenêtre; tant pis si elles tombaient sur la tête de quelqu'un! Ils faisaient d'ailleurs pas mal de choses par la fenêtre...Je n'insiste pas, ça vaudra mieux... Ils saccageaient les fleurs. ils abîmaient les arbres. IIs taggaient les murs et ce n'était pas de l'art, je vous assure! On aurait dit qu'ils n'aimaient que la laideur.
Mais ça ne leur suffisait pas; ils étaient aussi voleurs. Il fallait bien cacher son porte-monnaie quand on allait faire les courses, sinon, quelqu'un se mettait à courir et vous l'arrachait au passage. On ne pouvait plus se servir des caves, elles étaient pillées à tout moment. Il avait fallu mettre des barreaux à toutes les fenêtres des maisons, poser des portes blindées. Si vous aviez de beaux vêtements sur le dos, ils se mettaient à 2 ou 3 pour vous pousser dans un coin d'ombre et vous en dépouiller et ils vous laissaient dans la rue en slip, même s'il gelait à pierre fendre.
Bien heureux s'ils ne vous avaient pas à moitié assommé, car pour finir, ils étaient violents. Dans les files d'attente, chacun voulait passer avant son tour et il y avait des injures et des disputes, des bousculades, même des coups échangés. Tout leur était prétexte à bagarre, aussi on voyait beaucoup de bleus, de bosses, de bras et de jambes cassés.
Depuis longtemps, les touristes ne venaient plus chez eux ; ils disaient que c'était un pays de mauvais sauvages.
Et savez-vous pourquoi ils se comportaient de la sorte, ces pauvres Manfishes? (car à mon avis ils étaient presque autant à plaindre qu'à blâmer). Personne ne leur avait jamais dit qu'on peut respecter et aimer les autres et que ça rend la vie infiniment plus belle. Ils ne s'en doutaient même pas. Chacun n'avait d'amour dans le coeur que pour lui-même! Ils passaient plusieurs heures par jour à se regarder dans le miroir. Ils s'extasiaient: " Comme je suis beau! Comme j'ai l'air fort et malin!". Et plus ils se contemplaient plus chacun d'eux pensait qu'il aurait mérité d'être le roi du monde.
Un jour, à force de s'admirer, ils ont trouvé que leurs miroirs s'étaient empoussiérés et ternis et que leur image y devenait un peu floue. Alors, ils se sont mis à les nettoyer, à les frotter avec une pâte rose, à les essuyer soigneusement avec un chiffon doux.. Et quand ils s'y sont regardés à nouveau, ils n'en croyaient pas leurs yeux. Dans les miroirs bien propres, ils avaient des dents longues et pointues, des fronts butés, des figures méchantes.I
ls avaient l'air de ce qu'ils étaient en réalité, c'est-à-dire de mauvais sujets, des gens sans foi ni loi, mais ils ne voulaient pas se reconnaître. Ils disaient: " Non, non, ce n'est pas nous! Ces miroirs sont faussés, ils montrent n'importe quoi! Il faut les mettre au rebut immédiatement!"
Leur Gouverneur a fait installer partout des bennes de récupération, et dès le lendemain, elles étaient pleines. Et ils se sont précipités pour acheter (ou voler ) des miroirs neufs. Ils ne pouvaient pas s'en passer!
Mais cette fois, c'était encore pire! Ce qu'ils voyaient dans les nouveaux miroirs, c'était des gens tranquilles, bien de leur personne, bon chic bon genre, mais avec des yeux! qui vous transperçaient et vous jugeaient! En rencontrant ce regard, les Manfishes sentaient la honte leur courir jusqu'au bout des ongles, jusqu'à la pointe des cheveux. Ils avaient envie de rentrer sous terre!
- Qu'est-ce qu'ils ont, ceux-là, à nous fixer de la sorte? se sont demandé les Manfishes. Pour qui nous prennent-ils? Nous n'allons pas nous laisser traiter comme ça!
Et ils ont cassé les miroirs.
Ils n'auraient pas dû le faire!
Parce que le lendemain, ces gens comme il faut, au regard terrible, qui leur faisaient peur, c'est dans la rue qu'ils les croisaient.
Ils étaient sortis des miroirs brisés.
En même temps, les Manfishes ont commencé à disparaître. Ils partaient au travail le matin, ou ils allaient faire des courses et ils ne revenaient pas. Où ils étaient passés, personne n'aurait pu le dire. Les nouveaux venus prenaient leur place, aussi, l'un dans l'autre, on s'y retrouvait.Tout pouvait continuer comme si de rien n'était.
Et peu à peu- miracle!- les villes devenaient propres, toutes fleuries et pimpantes. Les gens se parlaient gentiment, se souriaient, se rendaient service les uns les autres. Ils vivaient tranquilles et aussi heureux qu'on peut l'être. Les touristes sont revenus en foule; le pays était beau.
Les nouveaux Manfishes se sont fait appeler les Manfishes-Pa. Ils ne voulaient pas être confondus avec les anciens, ils en auraient été vexés.
Cela se passait il y a longtemps et on n'a jamais su ce qu'il était advenu des Manfishes.
Pourtant, de nos jours encore, à la tombée de la nuit, si vous jetez un coup d'oeil dans les lointains d'une devanture, ou dans les profondeurs de la glace d'une armoire, vous y apercevrez parfois d'étranges silhouettes qui leur ressemblent, qui vont, qui viennent, qui passent, qui repassent, qui tremblotent et qui ont l'air de se morfondre, prisonnières de l'hiver sans pitié des miroirs.
*Tous droits réservés.
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lundi 19 mars 2007
Par Laurence LAMIABLE,
lundi 19 mars 2007 à 09:02 :: Le coin des petits : comptines.
C'est ma maman qui me l'avait apprise:
Trois gendarmes sur un pont
Qui pêchaient du gros poisson.
La corde se casse
Ne pleurez pas Madame
Vous en aurez bien d'autres
Qui auront les pieds jaunes
Ou les pieds marron
Marie- Madelon!
Dans le livre incontournable " Les comptines de langue française" recueillies et commentées par Jean Baucomont, Frank Guibat, Tante Lucile, Roger Pinon et Philippe Soupault, publié chez Seghers en 1961, j'ai trouvé une version approchante qui se disait en Suisse romande:
Une enfant baptisée
Sur le bord d'une cuillère.
La cuillère se casse:
Ne pleurez pas Madame,
On en fera une autre
Qui aura les pieds jaunes,
Des souliers en maroquin
Qui feront crin crin crin crin.
Mademoiselle, allez au coin!
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dimanche 25 février 2007
Par Laurence LAMIABLE,
dimanche 25 février 2007 à 15:50 :: Le coin des petits : comptines.
Le mot comptine est entré dans le dictionnaire Larousse en 1922. Sa définition était alors:
" Une chanson enfantine, récitée pour déterminer, par le compte de syllabes, celui à qui un rôle social sera dévolu dans le jeu".
Pour dire les choses plus simplement, c'est une formulette récitée en séparant les syllabes. On l'utilise pour désigner celui qui aura le rôle principal dans un jeu.
Elle sert donc à compter. Les enfants disent plutôt "à plouffer", car souvent on la fait précéder des mots: plouf-plouf
Certaines comptines se chantent, mais le plus grand nombre se scandent. En voici deux qui avaient notre préférence quand j'allais à l'école:
Un, deux, trois, j'irai dans les bois
Quatre, cinq, six, cueillir des cerises,
Sept, huit, neuf, dans mon panier neuf,
Dix, onze, douze, elles seront toutes rouges.
et
Une petite automobile
Qui roulait de ville en ville,
Où allait-elle?
- (à Paris)
-De quelle couleur était-elle?
- ( Bleue)
-As-tu du bleu sur toi?
De même que les contes populaires, beaucoup de comptines datent de très longtemps et on n'en connaît pas les auteurs. Elles se transmettent de génération en génération, et, comme les contes, elles ont des variantes régionales. Naurellement, il s'en est créé de nouvelles au cours du temps. On peut dire qu'elles sont l'oeuvre des enfants:
- soit qu'ils les aient entièrement créées eux-mêmes.
-soit qu'ils les aient choisies dans des textes existants (surtout des chansons).
- soit qu'ils aient transformé à leur manière ces bribes de textes.
De nos jours, on appelle comptines tous les textes rimés destinés aux enfants...par les adultes: chansons, rondes, jeux de doigts, formulettes, poèmes. Ces comptines-là se doivent d'être pleines de joliesse, poétiques et fraîches. Mais les véritables comptines, les comptines vivantes, employées par les enfants pour faire la plouffe, loin des oreilles adultes, contiennent parfois des mots qu'on doit éviter à la maison. Si la plupart sont parfaitement convenables, il y en a aussi de triviales et d'autres franchement obscènes.
A mon avis, les comptines au sens premier du terme constituent une partie importante de notre patrimoine.
Elles sont la contribution des enfants à la littérature orale populaire.
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